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Conservation

Bouznika : installation de 11 nichoirs artificiels pour Faucon…

Le 11 avril, à Bouznika, l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces (AMFCR) en partenariat avec le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) a procédé à l’installation de 11 nichoirs pour Faucon crécerellettes (Falco naumanii). Ces nichoirs permettrons l’installation de nouveaux couples de faucons crécerellettes dans le région, qui font face à une pénurie de cavités adaptées à leur reproduction.

Le Faucon crécerellette (Falco naumanii) est l’un des plus petits faucons marocains. Comme les autres espèces de rapaces, c’est une espèce strictement protégée et son statut de conservation au Maroc reste fragile. C’est un rapace insectivore et migrateur présent en Maroc de début février jusqu’au début du mois d’octobre qui hiverne en Afrique au sud du Sahara (Sénégal, Mauritanie, Mali, Niger…). L’espèce nidifie en colonies dont les plus importantes peuvent rassembler plusieurs dizaines de couples.

Vidéo: José Francisco Calvo

Pour nicher, le Faucon crécerellette utilise principalement les cavités situées sous les toitures ou dans les murs des habitations humaines ou des bâtiments agricoles, mais aussi dans des falaises, et plus rarement, dans des tas de pierres ou des trous d’arbres. L’espèce adopte aussi assez facilement les nichoirs posés à son intention.

Les effectifs de la population marocaine sont mal connus ainsi que l’évolution de cette population, faute de suivis réguliers à l’échelle nationale. L’espèce montre une extrême sensibilité aux conditions de son environnement. En effet, les effectifs de l’espèce ont chuté de près de 90 % dans l’aire de nidification d’Europe de l’ouest entre 1960 et 1990. Ainsi, au début des années 1980, il ne restait que 3 couples en France ! Plusieurs causes sont invoquées pour expliquer cette brutale diminution: la destruction des habitats dans l’aire de nidification mais aussi divers problèmes dans les quartiers d’hivernage (périodes de sécheresse, pesticides, destruction des habitats). 

Quelles actions en faveur de l’espèce ?

L’AMFCR vise à promouvoir le développement à long terme du Faucon crécerellette au Maroc, en mettant en œuvre conjointement le suivi des populations, la protection de l’espèce et la sensibilisation du public. Bien que l’étude de la dynamique des populations en mettant en œuvre le suivi de la reproduction et le baguage des individus soit une priorité, l’AMFCR souhaite favoriser en parallèle l’installation de nouvelles populations, en accompagnant le retour de l’espèce sur de nouveaux sites, ou en renforçant les populations déjà existantes en leur offrant plus de sites de nidification grâce à la pose de nichoirs artificiels.

L’AMFCR reste disposée à étudier toute demande d’installation de nichoirs de ce genre, sous réserve que le site permette la réussite de l’opération.

L’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces (AMFCR) est une association marocaine de Protection et de Conservation des Rapaces. Cette association en partenariat avec le HCEFLCD, agis plus particulièrement pour la conservation des oiseaux de proies par la mise en place d’actions de conservation concrètes, comme dans ce cas la pose de nichoirs artificiels permettant l’installations de nouveaux couples de Faucon crécerellettes (Falco naumanii).
Ateliers et événements

L’AMFCR participe à la formation aux critères d’identification des…

Samedi 23 février 2019, au Muséum d’Histoire Naturel de Marrakech, s’est tenu un atelier de formation aux critères d’identification des rapaces du Maroc. Cette formation a été dispensée par Mohamed Radi du GREPOM (Groupe de Recherche pour la Protection des Oiseaux au Maroc), Karim Rousselon de l’AMFCR (Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces) et Fabrice Cuzin (Consultant en aires protégées et études d’impacts), en partenariat avec l’Université Cady Ayyad (UCA), le Muséum d’Histoire Naturel de Marrakech et le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD).

Les objectifs de la formation ont été le renforcement des capacités d’identification des oiseaux dans la nature dans le cadre notamment du Programme ATLAS de recensement National des Oiseaux de Proie au Maroc. Le Programme ATLAS, doit permettre à terme l’acquisition de données permettant de mieux connaitre la dynamique des populations de rapaces au Maroc, afin de pouvoir optimiser la Conservation des espèces qui auront été jugées les plus menacées.

Le public présent était constitué de membres du GREPOM et autres ONG, représentants de la DREF (Direction Régionale des Eaux et Forêts du Haut Atlas) et de Doctorants de l’UCA.

L’atelier a démarré à 9h avec la présentation de Mr Karim Rousselon du Programme ATLAS de recensement des rapaces de la région méditerranéenne initié par l’IUCN, tout en insistant sur la contribution du HCEFLCD et des ONG marocaines ainsi que sur les modalités de l’exécution de ce projet de recensement.

Cet atelier a connu la présence d’une vingtaine de participants constituée des membres du GREPOM, des représentants de la Direction Régionale des Eaux et Forêts du Haut Atlas (DREF), des étudiants Doctorants et un représentant d’une Association de Fauconnerie.  L’exposé sous forme Powerpoint a été réalisé par Mr. Radi Mohamed (Coordonnateur de l’unité Marrakech-Haut Atlas-GREPOM) et a été présenté par Mr. Karim Rousselon, Président de l’AMFCR (Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces), avec la participation de Mr. Fabrice Cuzin.

Des échanges fréquents entre les participants et les formateurs ont ponctués le déroulement de l’exposé. La qualité de la présentation et les informations apportés par les intervenants, ont contribué non seulement à l’acquisition des techniques et méthodes d’identification des Rapaces, mais aussi, à l’enrichissement des connaissances de l’écologie, du comportement et la distribution des ces oiseaux au Maroc.

A la fin de l’exposé, la séance des questions a été suivie par la pause café et l’atelier a pris fin à 12h 30, après la photo du groupe de participants.  D’autres sessions de ce type seront organisées dans le futur.

Electrocution

Recensement des rapaces au Maroc: c’est parti !

Dans un exemple de coopération transfrontalière, des ornithologues marocains et espagnols, membres d’organisations non gouvernementales du Maroc (GOMAC – Groupe Ornithologique du Maroc et ASARA  – Association des Amis des Rapaces), et de l’Espagne (GREFA – Grupo de Rehabilitación de la Fauna Autóctona y su Hábitat  et Fundación Migres), ainsi que de la Junta de Andalucia, ont pris part à la première expédition de recensement de rapaces rupicoles diurnes dans les régions de Guelmin – Oued Noun et de Tan-Tan pour une durée de 4 jours.

Après les divers ateliers effectués pour l’élaboration d’une stratégie nationale de conservation des rapaces, les divers partenaires engagés dans le projet s’attaquent au recensement sur les terrain. Ce programme, dénommé Atlas « Safe Flyways – reducing infrastructure-related bird mortality in the Mediterranean » et financé par la Fondation Mava, a pour objectif de fournir des informations de base sur la faune menacée du Maroc afin de mener des actions de gestion visant à la conservation de ces espèces et de la biodiversité en général. Le programme est coordonné par le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) et l’UICN-Med, avec le support technique des experts du Gouvernement régional de la Junta de Andalucía.

Première expédition

Ainsi, des ornithologues marocains et espagnols, membres d’organisations non gouvernementales du Maroc GOMAC et ASARA et de l’Espagne (GREFA – Grupo de Rehabilitación de la Fauna Autóctona y su Hábitat  et Fundación Migres), ainsi que de la Junta de Andalucia, ont pris part à la première expédition dans les régions de Guelmin – Oued Noun et de Tan-Tan pour une durée de 4 jours.

Les rapaces rupicoles diurnes tels que le vautour de Rüppell (Gyps rueppellii) ou le percnoptère d’Égypte (Neophron percnopterus), entre autres, constituent les premières espèces cibles du programme de recensement et de suivi car ils subissent de graves menaces telles que l’électrocution sur des lignes électriques ou l’empoisonnement.

Données préliminaires

Les données préliminaires suggèrent que les électrocutions représentent une menace importante dans cette région pour les rapaces reproducteurs et les migrateurs, comme cela avait déjà été révélé dans une première étude en 2016 (Rapport sur la mortalité de rapaces par électrocution dans le sud-ouest marocain).

Cette première visite a permis d’identifier environ 25 couples reproducteurs sur ce territoire d’espèces telles que l’aigle royal (Aquila chrysaetos), l’aigle de Bonelli (Aquila fasciata) ou le faucon lanier (Falco biarmicus).

Aussi, sur les quelques 80 kilomètres de lignes électriques parcourues au cours de la semaine dernière, environ 90 oiseaux électrocutés ont été trouvés. Les supports les plus dangereux ont été identifiés afin d’accélérer la mise en place de mesures de correction par les autorités concernées et l’office National de l’Électricité.

La participation d’experts et d’institutions des deux rives de la Méditerranée consolide un réseau d’échange d’expériences et de connaissances pour une gestion plus efficace de la conservation de la faune en général et de l’Avifaune en particulier. Ce programme montre que la conservation de la biodiversité, plus spécifiquement des rapaces, ne connaît pas de frontières.

Photos : Ali Irizi
Récupération & Réhabilitation

Temps durs pour les Aigles au Maroc – Cas…

Le 17/12/2018, le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) en compagnie de l’AMFCR, de la Junta de Andalucia et de la Fondacion MIGRES ont remis en liberté une femelle immature d’Aigle Ibérique (Aquila adalberti) après l’avoir équipée d’une balise GPS. Cet oiseau, récupéré en état de détresse dans la région de Bouznika le 19/11/2018, a été soigné et réhabilité pendant près d’un mois par l’AMFCR, avant de retrouver un état physique jugé satisfaisant pour pouvoir réintégrer la nature.
Aigle Ibérique M06 fraîchement équipé d’une balise GPS, quelques minutes avant son relâcher – Bouznika – 17/12/2018 – Karim LAIDI

Plus de 2000 kilomètres et un mois plus tard, le 15/01/2019, l’Aigle Ibérique M06 sera retrouvé mort dans la Baie de Dakhla par Nicolò Calcagno. Aucune autopsie n’ayant pu être réalisée, la cause de la mort restera malheureusement inconnue. Aucune trace de fractures n’a été constatée. Cependant le corps semble avoir dérivé dans la baie de Dakhla quelques jours avant d’échouer sur la plage, où il sera retrouvé.

Cadavre de l’Aigle Ibérique M06 retrouvé mort sur la plage –  Baie de Dakhla – 25/01/2019 – Nicolò Calcagno
L’Aigle de Bonneli déplumé

Le 05/06/2018, le HCEFLCD en compagnie de l’AMFCR ont relâché une femelle immature d’Aigle de Bonelli (Aquila fasciata) qui s’était accidentellement faite prendre dans les filets protecteurs d’un élevage avicole. L’oiseau a été bagué OPX et libéré dans la région de Bouznika. Le 08/01/2019, soit 217 jours après avoir été relâché, l’AMFCR est contactée par un habitant de la région de Sidi Bettache qui affirme avoir capturé l’aigle alors que ce dernier essayait de s’en prendre à l’une de ses poules. Décidément, les habitudes ont la vie dure ! L’oiseau sera récupéré par l’AMFCR le lendemain, vivant, mais malheureusement toute ses rémiges avaient été coupées au ciseau. OPX a été mis en volière de réhabilitation, où il séjournera jusqu’à ce qu’il mue toutes ses plumes, ce qui prendra plusieurs mois.

Récupération de l’Aigle de Bonelli OPX, attaché par une patte dans le poulailler – Sidi Bettache – 10/01/2019 – Karim ROUSSELON
La mort mystérieuse d’un Aigle Royal 

Enfin, le 12/12/2018, le HCEFLCD en compagnie de l’AMFCR ont relâché une femelle immature d’Aigle Royal (Aquila chrysaetos) bagué M01. Cet oiseau, remis au centre de soins de l’AMFCR en 2017 après avoir été désairée (dénichée) de manière illégale, sera réhabilité pendant de longs mois grâce à l’utilisation de techniques de Fauconnerie. L’oiseau sera retrouvé mort le 25/01/2019 à Bir Nasser (région de Benslimane) par l’USCFS, qui remettra le cadavre à l’ONSSA locale pour analyse virale. Aucune autopsie sur la cause de la mort ne sera effectuée, bien que nous ayons de fortes suspicion de tirs au plombs.

 Relâcher de l’Aigle Royal M01. Bouznika – 12/12/2018 – Karim LAIDI
Perspectives

Ces 3 exemples illustrent partiellement les conditions difficiles dans lesquelles doivent évoluer les grands rapaces, et les nombreux dangers auxquels ils font face, même si dans les 2 cas de mortalité précédemment cités, aucune autopsie n’a pu être effectuée. Il conviendra dans le futur de mieux former les techniciens de l’ONSSA et de systématiser les autopsies de rapaces, de manière à identifier clairement les causes de mortalité, et pouvoir le cas échant y apporter des mesures correctives.

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Baguage et suivi satellitaire

L’AMFCR marque et relâche un Aigle Ibérique

L’AMFCR a marqué et relâché avec succès une femelle d’Aigle Ibérique. Cette opération encadrée par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification et exécutée par l’AMFCR en partenariat avec Consejeria de Medio Ambiente y Ordenacion del Territorio de la Junta de Andalucia et de la Fondation Migres permettra l’identification des menaces qui pèsent sur ces oiseaux au Maroc, afin d’y apporter des mesures correctives.

Le 17 Novembre 2018, une femelle d’Aigle Ibérique a été récupérée par l’AMFCR dans la région de Bouznika. L’oiseau, une jeune femelle née en 2017 en Espagne, était affaiblit, en détresse et atteinte de coccidioses. Soignée puis réhabilitée durant un mois en volière par l’AMFCR, son marquage et son relâcher ont été organisé avec l’accord et l’étroite collaboration du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification, de la Consejeria de Medio Ambiente y Ordenacion del Territorio de la Junta de Andalucia et de la Fondation Migres.

Ce travail orchestré par le HCEFLCD s’intègre le cadre de la mise en place d’une Stratégie Nationale pour la Conservation des Oiseaux de Proie au Maroc, qui devrait permettre d’assurer la pérennité des populations de rapaces les plus menacés dans notre Pays, maillon essentiel à l’équilibre des écosystèmes.

Une balise GPS de 45 grammes ainsi qu’une bague Darvic jaune M06 ont été installées sur la femelle Aigle ibérique qui a été relâché le 17 Décembre 2018 avec succès. Le rapace a par la suite été observée en bonne santé dans la subéraie de la région de Benslimane plusieurs fois, garantissant le succès de sa réintégration à la Nature.

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Le suivi satellitaire de ces oiseaux permettra d’apporter des informations essentielles à l’identification des principales menaces qui pèsent sur ces oiseaux au Maroc, et pouvoir en conséquence y apporter des mesures correctives.

L’Aigle ibérique, revenu de loin…

Pour rappel, l’Aigle Ibérique est une espèce emblématique qui a failli disparaitre dans les années 1970, principalement à cause des électrocutions, de la raréfaction des proies (notamment le lapin), l’empoisonnement et la modification de ses habitats.

Femelle d’Aigle Ibérique (Bague M06) équipée d’une balise GPS juste avant son relâcher. Bouznika – 17/12/2018 – Photo Karim LAIDI

Le plan de Récupération et de Conservation de l’Aigle Ibérique mis en place par les différentes provinces Espagnoles a permis la stabilisation, puis l’augmentation progressive de la population d’Aigle Ibérique. Aujourd’hui, entre 600 et 700 couples d’Aigles Ibérique peuplent la Péninsule, contre 120/130 couples en 1970.

La population nicheuse Marocaine, qui existait en faible densité dans le Nord-Ouest du Pays (Forêt de Maamora, Plaine de Loukkos), est considérée comme disparue probablement vers 1940. Cependant, face aux efforts considérables déployées par l’Espagne pour la Conservation de l’espèce, ayant pour conséquence l’augmentation de la population, les observations Marocaines et Nord Africaines d’Aigles Ibériques immatures erratiques en provenance de la Péninsule sont de plus en plus fréquentes.

En 2017, au moins quatre aigles Ibériques ont franchi le détroit de Gibraltar en direction de l’Afrique du Nord. Il s’agissait dans les 4 cas d’oiseaux encore immatures :

  • Un oiseau photographié, après avoir traversé le détroit de Gibraltar, derrière le port de Tanger-Med, le 12 septembre (R. El Khamlichi).
  • Un oiseau photographié au même endroit le 6 octobre, également juste après avoir traversé le détroit (R. El Khamlichi).
  • Un oiseau photographié également sur le même site le 10 novembre (R. El Khamlichi, Cécile Krystelle et Radu Adrian).
  • Un oiseau mâle suivi par satellite en Andalousie a traversé le détroit en septembre 2017.

Ce dernier, a voyagé du nord du Maroc à l’Algérie puis dans les montagnes de l’Atlas, le Sahara et Guelmim. Il s’est ensuite dirigé vers le nord sur la côte atlantique entre Casablanca et Rabat où il survit grâce à la présence de proies en nombre dans les réserves et amodiations de chasses.

Karim Rousselon, président de l’AMFCR, avait réussi à localiser et photographier l’oiseau le 27 octobre 2017. L’Aigle Ibérique mâle n’a depuis pas quitté le Maroc où il séjourne principalement dans les réserves protégées de chasse, qui semblent lui offrir protection et nourriture. Espérons voir un cas de reproduction prochainement…

Gypaète Migration

Gypaète barbu: A Carloza, l’AMFCR présente la situation de…

Gypaète barbu : À Carloza en Espagne, l’AMFCR a été invitée à participer à la réunion annuelle « Gypaète barbu » du 9 au 11 novembre. Lors de cet évènement, l’AMFCR a présenté la situation de l’espère au Maroc.

 

La réunion annuelle a permis de dégager de nombreuses idées issues de la recherche et du suivi de l’espèce. Il est important de noter que pour le réseau international de surveillance du gypaète barbu, il a été conclu qu’il était urgent de marquer les oiseaux nés sauvages afin d’améliorer les modèles démographiques de la population. Il est également nécessaire d’améliorer la gestion des données sur la mortalité des vautours protégés afin de détecter et d’identifier les causes.

Récupération & Réhabilitation

Salé: récupération d’un Vautour fauve (vidéo)

Le 19 novembre, l’AMFCR a été contactée par Mr Aziz, un habitant de Salé qui a récupéré un Vautour fauve (Gyps fulvus) sur sa terrasse, par une chaude après-midi d’août.

Épuisé, assoiffé et attiré par une bassine d’eau, le vautour s’est facilement laissé capturé par Aziz, qui en a pris soin quotidiennement avant de le remettre à l’AMFCR. Selon les instructions du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), le vautour a été conduit au Jardin Zoologique National (JZN) où il recevra des soins adaptés en compagnie d’autres vautours de son espèce.

 

Cet oiseau était déjà « connu de nos services »…

Ce vautour fauve (Gyps fulvus) a été identifié par une marque alaire M17. Il fut découvert le 31/07/2017 par des militaires près de Juda Jbel Moussa dans une situation très critique, souffrant de malnutrition et d’un manque de vitamines et souffrait d’attaques nerveuses. Après avoir été soigné de manière satisfaisante, sa situation physique s’est rétablie à 100%.

explique Rachid El Khamlichi du Grepom Nord-Ouest :

En raison de son caractère trop familier avec les humains, plusieurs tentatives de libération sont réalisées dans la zone de Jbel Moussa sans résultat. Cependant, il disparaît le 6 juin 2018 et réapparaît dans la zone d’Oued el Mersa le 8 juin 2018, (informations fournies par Chekh Hassan). Récupéré le même jour, il reprendra son envol 2 jours plus tard, pour réapparaitre à Salé en Août 2018 !

M17 devrait séjourner encore quelques temps en volière d’acclimatation avant de tenter une autre libération bientôt, lorsque les conditions le permettront et si les soigneurs estiment que son état physique et mental le permet.

l'IAF Ateliers et événements

L’AMFCR participe à l’Assemblée Générale annuelle 2018 de l’IAF…

À Bamberg en Allemagne, l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces a participé le 22 octobre dernier à l’Assemblée Générale de l’Association Internationale pour la Fauconnerie et la Conservation des Oiseaux de Proie (IAF). Les deux événements phares cette année étaient la célébration du 50ème anniversaire de l’IAF, et l’élection de son Excellence Majid Mansouri à sa tête.

 

 L‘ AMFCR a participé du 21 au 24 octobre à Bamberg en Allemagne à l’Assemblée Générale annuelle de l’IAF. L’organisation à but non lucratif a pour mission de sauvegarder l’Art de la Fauconnerie  et compte un maillage de quelques 115 clubs et institutions spécialisés dans plus de 90 pays dans le monde. Plusieurs activités étaient au programme de cette assemblée, mais la spécificité de cette année a été l’élection de son Excellence Majid Mansouri, qui vient remplacer Docteur Adrian Lombard au poste de Président de l’IAF. 

Un autre anniversaire a également été célébré, celui du Falkenorden (DFO), l’organisation principale de Fauconnerie Allemande, et affiliée à l’IAF. L’AMFCR a été notamment conviée à la réunion des Délégués Nationaux ainsi qu’aux divers sessions de chasses au vol.

Élection de son Excellence Majid Mansouri, premier Président arabe de l’IAF:

Un autre fait marquant qui a eu lieu cette année: l’élection de son Excellence Majid Mansouri à la tête de l’IAF. C’est la première fois depuis la création de l’IAF qu’un président d’origine arabe est élu à sa tête. Durant son mandat comme vice-président de l’IAF pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, Son Excellence Majid Ali Al Mansouri a élaboré la stratégie de l’IAF pour cette région.

En tant que membre fondateur et Secrétaire Général de l’Emirates Falconers’ Club, il a contribué au programme Cheikh Zayed libérant ainsi plus de 1 600 faucons dans la nature. Il a également fondé l’hôpital des Faucons d’Abou Dhabi et a travaillé sur des projets visant à augmenter le nombre des Houbaras. En 2008, son Excellence Majid Al Mansouri a reçu le prix de la « Meilleure Personnalité Environnementale » lors du Conseil de coopération des États du Golfe.

 

percnoptère Récupération & Réhabilitation

« PHOENIX »: petite histoire de la résurrection d’un Vautour percnoptère…

 

L’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces en coordination avec le Haut Commissariat aux Eaux Et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) a réhabilité, marqué puis relâché avec succès un vautour percnoptère –Neophron percnopterus– électrocuté. Grâce à de multiples soins et une greffe de plumes, le Vautour a pu réussir son envol et reprendre sa migration vers le sud.

   Tel l’oiseau légendaire et symbole de résurrection, doué d’une grande longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître après s’être consumé dans les flammes nous ne pouvions trouver meilleur nom que « PHOENIX » à ce vautour percnoptère, qui a miraculeusement survécu à une électrocution sur un pylône de moyenne tension. C’est le 27 Mars dernier, qu’informée par Mr Mohamed Chaibi citoyen d’Ifrane, l’AMFCR a pu procéder à la récupération de PHOENIX. 

Le vautour percnoptère est l’espèce la plus menacée parmi les quatre espèces de vautours du Paléarctique occidental. L’espèce classée « EN DANGER » dans la liste rouge de IUCN, est dans une situation plus que vulnérable, ce qui justifie le déploiement de toutes les actions possibles pour en favoriser sa Conservation.

Au moment de la récupération, PHOENIX souffrait de multiples brûlures, notamment à la patte droite, en plus de la perte de 5 rémiges primaires sur son aile droite, carbonisées au moment de l’électrocution sur un pylône de moyenne tension.

Après l’accord et avec la coordination du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), l’AMFCR a récupéré PHOENIX le 27 mars pour tenter sa réhabilitation et sa réinsertion dans son milieu. Le Vautour a reçu plusieurs traitements et soins ainsi qu’une délicate opération d’implantation de plumes. La technique dite enter est habituellement utilisée en Fauconnerie et consiste à prendre des plumes d’un « oiseau donneur » et à les « greffer » dans les plumes abîmées d’un oiseau receveur. Cette méthode mise en place il y a des siècles par les fauconniers pour réparer les plumes brisées de leurs oiseaux lors des parties de chasse au vol est aujourd’hui utilisée à des fins de réhabilitation et de conservation.

Le Vautour percnoptère a par la suite été équipé d’une balise GPS de 50 grammes, gracieusement offerte par L’Institut d’Ornithologie Max Planck Centre for Animal Marking représenté par le Dr. Wolfgang Fiedler. Il a été et également bagué (Inst Sci Rabat 104) sur le tarse droit  et porte sur le tarse gauche une bague DARVIC de couleur jaune M05.

Pose de la balise GPS et des bagues

 

PHOENIX a pris son envol avec succès le 3 août dernier à Jbel Moussa selon les instructions du Haut Commissariat aux Eaux Et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) et avec l’assistance du GREPOM Nord-Ouest et de l’AMFCR. Démontrant une parfaite récupération le Vautour percnoptère s’est envolé sans difficultés suscitant beaucoup d’émotions parmi l’équipe qui a participé au relâcher.

 

PHOENIX a séjourné plus de 15 jours dans l’arrière pays de Larache, où il a pu être observé pendant 25 minutes le 17/08/2018 par un membre de l’AMFCR. Il a entamé sa migration vers le sud le 21/08/2018, parcourant une moyenne de 270 kms par jour avant d’atteindre la frontière Algéro-Mauritanienne, où il a émis sa dernière position connue le 24 août 2018. À cette date, la batterie de la balise était proche du seuil le plus bas et s’est très probablement éteinte. Il est possible qu’il y ait eu de la saleté ou des plumes recouvrant le panneau solaire, ce qui a empêché la recharge correcte de la batterie. 

 

 À ce stade, la seule option est d’attendre. La prochaine fois que la balise aura une connexion GSM et suffisamment d’énergie, elle émettra une position GPS. Le suivi GPS des oiseaux à haute résolution révèle les menaces auxquelles ils font face. Nous pouvons ainsi voir que PHOENIX, durant son périple, a passé beaucoup de temps autour de poteaux électriques où il était directement exposé à des électrocutions mortelles. Bon vent et vivement les retrouvailles!

 

 

Le suivi complet de cet oiseau peut être vue sur l’étude Movebank  » Raptors MPIO AMFCR Morocco ».

Plus d’informations sur le marquage.

Récupération & Réhabilitation

Conservation des rapaces: L’AMFCR participe au troisième atelier national

Lors du troisième atelier pour l’élaboration d’une stratégie de Conservation des rapaces au Maroc, l’AMFCR a présenté le bilan de ses réalisations ainsi que son projet de Centre National pour la Réhabilitation des Rapaces.

 

 Le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) en collaboration avec le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN (UICN-Med) et le Gouvernement régional de l’Andalousie, ont organisé, du 2 au 4 octobre 2018 à Jbel Moussa, une série de formations sur les méthodes de recensement et de suivi de ces oiseaux de proie. L’événement fait partie de la série d’activités développées pour un transfert de connaissances sur la Conservation des rapaces menacés entre techniciens et gestionnaires des deux rives de la Méditerranée.

L’AMFCR révèle les résultats de ses réhabilitations

Lors de ce troisième atelier pour l’élaboration d’une stratégie de Conservation des rapaces au Maroc, l’AMFCR a présenté le bilan relatif aux rapaces réhabilités dans son centre provisoire durant ces 10 derniers mois. Les participants ont salué les efforts déployés par l’AMFCR et les résultats encourageants qui ont été atteints: plus d’un tiers des oiseaux réhabilités ont pu regagner la Nature. A la fin de la présentation, l’AMFCR a révélé son projet de création d’un centre National de réhabilitation des rapaces actuellement en cours de préparation.

En marge de l’événement, l’AMFCR a relâché un vautour fauve réhabilité par ses soins. L’oiseau avait été retrouvé dans la région de Bir Jdid en septembre dernier. Contacté par le citoyen qui l’a récupéré, l’AMFCR avait alors fait le déplacement puis entrepris de réhabiliter l’oiseau de proie qui n’était pas blessé mais semblait souffrir d’une fatigue extrême.

Vers un premier recensement des rapaces rupicoles

Ce troisième atelier a eu pour objectif d’établir une feuille de route en partenariat avec les ornithologues marocains de tous bords –GOMAC, AMFCR, AGIR, GREPOM, ASARA– et des agents d’autorités concernées -HCEFLCD, Gendarmerie Royale- afin de parvenir à une meilleure connaissance de ces espèces au Maroc. Cette formation est organisée dans le cadre du projet « Safe Flyways – reducing energy infrastructure related to bird mortality in the Mediterranean », financé par la Fondation MAVA.

Plusieurs présentations et débats se sont succédé durant les trois jours dans l’objectif d’organiser un premier recensement des rapaces rupicoles au Maroc. Tous les participants se sont accordé sur la nécessite urgente de réaliser ce dénombrement et dans un deuxième temps un suivi, qui permettront de poser les bons diagnostiques puis les plans d’actions nécessaires pour sauvegarder les espèces de rapaces menacés au Maroc.