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Récupération & Réhabilitation

J’ai trouvé un rapace que dois-je faire?

Face à un rapace en détresse il est nécessaire de prendre en considération certaines conduites à tenir afin d’intervenir en toute sécurité tout en optimisant les chances de son sauvetage.

Les rapaces rencontrent une multitude de dangers pendant leur vie. Dans certains cas, des conditions difficiles pendant la migration peuvent occasionner chez eux des cas de fatigue extrême. Il est ainsi possible de rencontrer parfois des rapaces mal en point, fatigués, ou blessés qui sans intervention risquent de mourir. Dans d’autre cas, les rapaces en détresse le sont suite à un empoisonnement, une électrocution voire même suite à la persécution d’un braconnier -la chasse des rapaces étant interdite au Maroc-.

Face à un rapace en détresse il est nécessaire de prendre en considération certaines conduites à tenir afin d’intervenir en toute sécurité tout en optimisant les chances de son sauvetage:

  • Première chose dont il est nécessaire de s’assurer est que le rapace est réellement en détresse: les jeunes rapaces nocturnes (hibou, chouette…) qui expérimentent leurs premiers envols sont parfois maladroits et peuvent donner l’impression qu’ils sont en détresse alors qu’ils ne le sont pas. Face à un jeune rapace nocturne, le mieux est de ne pas l’approcher afin de lui donner le temps et l’espace nécessaire pour reprendre son envol. Si le jeune rapace est exposé à un danger immédiat (chats, voiture…) la seule intervention à faire est de le positionner en hauteur (un arbre, perchoir).
  • Si vous êtes amené à manipuler un rapace, il faut prendre des précautions pour éviter son bec et ses serres. Commencez par lui couvrir la tête d’un linge lui permettant de respirer, mais sans voir. Saisissez-le par le dos à la hauteur des épaules, ailes plaquées au corps. Tenez-le les bras tendus, avec des gants épais ou un linge, en veillant à ne pas trop l’approcher des personnes dans votre entourage immédiat. Veillez à ne pas abîmer les plumes de l’oiseau pendant la manipulation.
  • Placez le dans un carton en évitant de le stresser davantage. Mettez le carton ensuite dans un endroit calme obscure et tempéré. N’essayez surtout pas de le nourrir ou de l’abreuver, et prévenez immédiatement l’AMFCR (l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces) au : 0666922219.
milan Récupération & Réhabilitation

Larache: réhabilitation et relâcher d’un milan noir

Un Milan noir (Milvus migrans) immature a été récupéré le 05/08/2018 à Khmiss Sahel -région de Larache- sur le bord d’une piste. L’oiseau a probablement été empoisonné ou intoxiqué. Il a été pris en charge le jour même par l’AMFCR pour réhabilitation. Le 31/08/2018, complètement remis de son intoxication, le rapace a été relâché dans la même zone où il a été trouvé, après avoir été équipé d’une bague de métal sur le tarse droit (105 Cemo Inst Sci Rabat). Nous lui souhaitons un bon voyage vers ses quartiers d’hivernage!  
Baguage et suivi satellitaire

L’AMFCR retrouve un busard cendré mort dans la région…

L’AMFCR a retrouvé un busard cendré (Circus pygargus) mort dans la région de Fkih Ben Salah. Le rapace précédemment équipé d’une balise GPS par le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé en France a très probablement été tué par des braconniers.

L’alerte a été lancée le 23 août quand Alexandre Villers du Centre d’Études Biologiques de Chizé en France a demandé à ses collègues marocains s’ils pouvaient retrouver un busard cendré précédemment équipé par leurs soins d’une balise GPS.

Bonjour, Un de nos busards cendrés équipé d’une balise ne semble plus se déplacer. Si cela se confirmait, connaitriez-vous quelqu’un susceptible d’aller vérifier sur place (et éventuellement récupérer la balise) sur Fquih Ben Salah. D’avance merci @MoroccanBirds @GREPOMBirdlife


— Alexandre Villers (@AquilaTetrax) 24 août 2018

L’histoire de ce busard cendré avait commencé quelques jours auparavant.

On l’a surnommé Greedy parce que c’est la gourmandise qui l’a fait se prendre sur notre piège -il a pris de vitesse un jeune mâle non reproducteur qui allait se poser sur un poteau équipé d’un piège et d’un campagnol-. Il était en couple avec une femelle, Oriane, capturée également cette année le 19 juin et marquée Rouge Rouge Bleu Jaune. Les oiseaux n’étaient pas connus -ce n’était pas des oiseaux déjà bagués- et ont mené 4 poussins à l’envol pour une ponte de 4 œufs -ce qui est plutôt pas mal compte tenu des conditions.

raconte Alexandre Villers dans son échange avec l’AMFCR
Un voyage pourtant bien parti:

Après le relâcher de Greedy, l’équipe d’Alexandre pouvait continuer à suivre ses déplacements. « Le rapace a quitté les Deux-Sèvres le 15 août pour ses quartiers d’hivernage en Afrique subsaharienne. Il a parcouru 410 km en 8 heures au cours de cette journée » peut-on lire dans l’article de Magornitho.

Yesterday trip for Greedy was ~380 km, crossing the Pyrénées and sleeping close to Almazan, SP. The 4 other birds are still hanging close to small roosts (~5-10 individuals) dispersed across @ZA_PVS or in Charente. pic.twitter.com/tNZ7998vzK


— Alexandre Villers (@AquilaTetrax) 17 août 2018

Arrivé au Maroc l’oiseau a fini par s’immobiliser vers Fkih Ben Salah dans la région de Béni Mellal-Khénifra. Suite à l’appel lancé par Alexandre sur Twitter, l’AMFCR a tenu à répondre à la demande de ses confrères en faisant le déplacement vers l’endroit indiqué :

La probable piste d’un tir de braconnier:

Malheureusement, le rapace a été retrouvé mort, gisant dans un champ agricole. Il semble que l’oiseau se soit posé dans ce champ, et ai rendu l’âme en convulsant de manière assez violente. Karim a fait une petite “autopsie” mais le corps était déjà bien auto-lysé, donc aucune  preuve évidente n’a pu être trouvée. Cependant, le plus probable est qu’il ait reçu un ou plusieurs plombs de chasse dans les organes, il a ensuite volé une certaine distance avant de venir mourir dans ce champ suite à ces blessures. A noter que l’oiseau n’avait pas de fractures.

Je n’aime pas taper sur les chasseurs quand il n’y a pas de preuves, cependant cela ressemble bien à l’œuvre d’un braconnier qui a ouvert le feu sur cet oiseau qui passait dans son sillage. La Tourterelle des bois se tire fréquemment dans la région de Fkih Ben Salah. Autrement un empoisonnement, mais au regard du régime quasi pas nécrophage du busard cendré, cette option me fait douter confie.

Karim Rousselon

Unfortunately, Greedy’s migration ended up in a field in Morocco, probably shot. Thanks to all the people who transfered the tweets and a special one to Karim who drove 500 km yesterday. Hopefully the other birds will make it safely. @MoroccanBirds @GREPOM @geckolive62 pic.twitter.com/ckij3EQPZH


— Alexandre Villers (@AquilaTetrax) 27 août 2018

Menacés essentiellement par le braconnage, l’empoisonnement et le trafic des espèces, les rapaces au Maroc bénéficieront bientôt de la mise en place d’une stratégie nationale dédiée en cours d’élaboration par le Haut Commissariat aux Eaux et Forets et à la Lutte Contre la Désertification avec l’aide de ses partenaires nationaux et internationaux.

Au Maroc le busard cendré niche peu communément et très localement, dans la bande côtière atlantique entre Tanger et Essaouira, ainsi que sur la côte méditerranéenne -embouchure de la Moulouya par exemple-. De plus en rencontre assez communément l’espèce en migration -surtout de mars à mai et d’août à octobre-, dans toutes les régions du Pays.   L’article 12 de l’Arrêté du Ministère de l’Agriculture N°582-62 du 3 Novembre 1962 portant réglementation permanente de la chasse, l’article 2 de l’Arrêté du Haut Commissaire aux Eaux et Forets et à la Lutte Contre la Désertification portant ouverture Clôture et Réglementation Spéciale de la Chasse pendant la Saison 2017-2018, aussi bien que la Loi 29-05 5 relative à la protection des espèces de flore et de faune sauvages et au contrôle de leur commerce, interdisent clairement toute chasse de rapaces nocturnes ou diurnes sous peine de poursuite judiciaire.  
Conservation

Marquage et relâchers de vautours à Jbel Moussa (Fauve,…

Un relâché de vautours a été effectué à Jbel Moussa le 17 août 2018. Cet événement a été organisé par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) en collaboration avec plusieurs institutions nationales et ONG dont l’AMFCR.

Après une période réhabilitation, un vautour fauve et un vautour de Rüppell ont été relâché à Jbel Moussa le 17 août 2018. Cette opération a été mené par le HCEFLCD en collaboration avec plusieurs institutions et ONG dont l’AMFCR.

Vautour moine (aegypius monachus):

Cet oiseau a été trouvé à Khmis Anjra (situé à environ 30 km au sud du détroit de Gibraltar), suite probablement à une collision avec des câbles électriques. Il a été pris en charge par un agriculteur pendant un certain temps (plus d’informations dans un prochain article) et le 9 août 2018, il a été récupéré par la section nord-ouest du GREPOM en collaboration avec l’Administration forestière (HCEFLCD – DREF-Rif).

Le vautour s’est vu fixé 2 marques alaires code blanc sur fond noir (M20). Ne pouvant pas voler correctement à ce moment-là, l’oiseau a été pris en charge par l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces (AMFCR). Il sera placé en volière de réhabilitation adaptée et recevra des soins spécifiques jusqu’à son relâcher prochain.

Vautour moine (Aegypius monachus): M20, région de Jbel Moussa, août 2018 (© Rachid El Khamlichi)

Chaque année, moins de 10 vautours moines traversent le détroit de Gibraltar pour se retrouver au Maroc, certains d’entre eux s’aventurent même jusqu’en Afrique de l’Ouest. Plus à ce sujet:

Vautour Fauve (Gyps fulvus):

Ce vautour a été bagué et marqué au Portugal par Quercus ANCN en 2016. Le 8 juillet 2018, il a été retrouvé affaibli dans la région de Khouribga où il a été pris en charge par un citoyen. Alertée par le GREPOM, l’administration forestière (HCEFLCD) a récupéré l’oiseau et l’a ensuite transféré au Jardin zoologique national (JZR) pour traitement et réhabilitation. Le jour de la libération, le HCEFLCD a donné le feu vert à l’AMFCR pour acheminer l’oiseau vers le site de relâcher à Jbel Moussa.

Les marque alaires qu’il portait («X8» blanc sur fond vert) étaient presque déchirées par la captivité (voir photo). Par conséquent, il était nécessaire de marquer le vautour avec de nouvelles marques alaires (blanc «M19» sur fond noir).

Vautour fauve (Gyps fulvus), région de Jbel Moussa, 17 août 2018 (© AMFCR). Il a été tagué ‘8X‘ au Portugal.
Vautour fauve (Gyps fulvus), région de Jbel Moussa, 17 août 2018 (© Rachid El Khamlichi). Le même oiseau avec une nouvelle marque alaire ‘M19‘.
Vautour de Rüppel (Gyps rueppelli):

Ce vautour a été récupéré dans la région de l’Oriental par le Centre de diffusion de la faune sauvage (ECWP) des Émirats, en collaboration avec l’administration forestière (HCEFLCD – DREF-Oriental). Il avait des marques alaires (noires «M1» sur fond blanc) et était équipé d’un émetteur GPS. Il a par la suite été relâché dans la région de Jbel Moussa mais il ne s’est pas envolé.

Ce vautour a été récupéré dans la région de l’Oriental par le Centre de diffusion de la faune sauvage (ECWP) des Émirats. Il s’est vu poser des marques alaires (noires «M1» sur fond blanc) et a été équipé d’un émetteur GPS. Il a par la suite été relâché dans la région de Jbel Moussa. L’oiseau est resté plusieurs jours à proximité du site de relâcher avant de se disperser.

Vautour de Rüppell (Gyps rueppelli): ‘M1‘, région de Jbel Moussa, 17 août 2018 (© AMFCR)

Un autre vautour de Rüppel a été trouvé par des citoyens sur le toit d’un immeuble à Fnideq le 13 août dernier. Il a été récupéré le même jour par le GREPOM et l’administration forestière. Il était destiné à être marqué et relâché le même jour que les autres vautours. Cependant, il s’est échappé et s’est envolé deux jours plus tard. Cet oiseau est le 10ème vautour de Rüppel pour la saison « printemps 2018 » dans la région de Jbel Moussa. Pour les autres oiseaux, voir :

Migration de vautours rares à Jbel Moussa, printemps 2018. (Bien que nous ne sachions pas avec certitude s’il migrait vers le nord ou le sud lorsqu’il a atterri sur ce toit. Cependant, nous savons que certains vautours se déplacent encore vers le nord en août et en septembre).

L’équipe « lâcher de vautours ».

Article de MaghrebOrnitho parut en anglais le 21 août 2018

Traduction et vidéo: AMFCR

Moussem Chasse au Vol - Fauconnerie

Moussem Moulay Abdellah 2018: Tabyazt à l’honneur

El Jadida : du 3 au 10 aout le Moussem de Moulay Abdellah Amghar a mis à l’honneur le patrimoine culturel doukkali. Parmi les activités mise en avant : la fauconnerie des Kwassems plus connues sous le nom de Tabyazt.

Le séculaire Moussem Moulay Abdellah Amghar, qui a eu lieu sous le haut patronage de SM le Roi Mohammed VI du 3 au10 août 2018, a encore été une occasion rêvée pour mettre en valeur les patrimoines culturels Jdidi. Quelque 500.000 personnes ont répondu présents à l’appel du Moussem.

C’est ainsi que les Kwassems ont pu exhiber leurs talents et savoirs faire. A travers plusieurs spectacles utilisant des faucons entrainés par leurs soins les « byaza » ont démontré une relation homme-animal particulière.

Comme chaque année, l’engouement était au rendez-vous démontrant un intérêt certain du public face à un patrimoine parfois méconnu mais toujours apprécié.

conservation Conservation

La Conservation par la Fauconnerie

Grâce aux savoir-faire acquis par la pratique de la fauconnerie, il est possible d’augmenter les chances de réussite des activités de conservation et de réhabilitation des rapaces.

La fauconnerie peut se révéler profitable pour l’entraînement au vol des oiseaux en voie de réhabilitation ainsi que pour l’éducation. Les connaissances des fauconniers -concernant les oiseaux qu’ils possèdent, leur écologie ainsi que leur reproduction en captivité- sont d’une utilité inégalable en ce qui a trait à la participation aux programmes de réintroduction d’espèces menacées.

Dans un autre registre, la fauconnerie permet également de solutionner des problématiques liées à des espèces aviaires invasives sans devoir passer par des empoisonnements ou des exterminations. Que ce soit dans des aéroports, des sites industriels ou même des espaces urbains, il est possible effaroucher des groupes d’oiseaux et de les éloigner définitivement en ayant recours à un fauconnier qui utilise un rapace pour chasser les autres oiseaux indésirables.

Chasse au Vol - Fauconnerie

Tabiyazt: la Fauconnerie à la marocaine

La fauconnerie, al bayzara, Tabiyazt, al Sayd b-ettaïr al horr, Assaqqara, ou la chasse au faucon est l’art de capturer du gibier vivant au moyen de rapaces spécialement entraînés à cet effet.

La pratique de Tabiyazt est apparue dans notre pays avec l’avènement des Arabes au pays du Maghreb,notamment, à partir du XIIe siècle. Ce mode de chasse s’est, alors, répandu, aussi bien dans les milieux royaux que parmi les communautés nomades et semi-nomades.Les textes historiques attestent de l’intérêt que les sultans du Maroc, de l’époque almohade (XIIIe s.) à l’époque alaouite (depuis le XVIIe s.), ont accordé à l’art de Tabiyazt et du rôle qu’a joué le faucon dans les échanges diplomatiques du Maroc avec les autres souverains d’Orient et d’Occident.Il est assez difficile de préciser une date concernant le début de la pratique de l’art de la fauconnerie ou de la chasse au vol au Maroc.

Néanmoins, la pratique de Tabiyazt est apparue dans notre pays avec l’avènement des Arabes au pays du Maghreb, notamment, à partir du XIIe siècle. Ce mode de chasse s’est alors répandu, aussi bien parmi l’élite régnante que parmi les communautés nomades et semi-nomades. Les textes historiques attestent de l’intérêt que les sultans du Maroc, de l’époque almohade à l’époque alaouite, ont accordé à l’art de Tabiyazt et du rôle qu’a joué le faucon dans les échanges diplomatiques du Maroc avec les autres souverains d’Orient et d’Occident. Les Dahirs datant du XIXe siècle témoignent de l’importance attribuée à cette activité par les sultans Alaouites qui n’ont cessé d’encourager les familles Kouassem de Doukkala, connues depuis longtemps par leur passion pour la fauconnerie, et qui ont réussi à maintenir cette tradition vivante jusqu’à nos.Attiré par les exploits de cet oiseau dans la poursuite et la capture de proies, l’homme l’a d’abord utilisé à des fins de chasse avant de faire de son usage un art et un sport de loisir fascinant qui a son éthique et ses règles, exigeant de la patience et de la persévérance pour capturer le faucon, l’entretenir, l’affaiter, et le faire chasser.

La fauconnerie, est pratiquée traditionnellement par la tribu des Kwassems dans la région de Doukkala depuis très longtemps. Elle est exercée dans les zones dégagées limitrophes de leurs habitations. Le genre de faucon le plus utilisé est le pèlerin appelé «bahri» et «nebli», il est capturé dans les régions des villes Essaouira et Safi avec une méthode traditionnelle : un filet est tendu autour de trois piquets et sur lequel on place un pigeon lui servant d’appât. Attiré par l’agitation du pigeon, le faucon plane autour de lui, puis il l’attaque. A ce moment-là le faucon est accroché dans le filet puis capturé par le fauconnier. Celui-ci procède, alors, à son affaitage et son initiation à la chasse du gibier qui peuvent durer plusieurs semaines. Le genre de gibier chassé et le plus répandu au Maroc est de type œdicnème criard appelé localement korzit.

La pratique de cet art est parvenue à réunir un grand nombre d’adeptes passionnés dans plusieurs régions du monde fédérés notamment par l’Association internationale de la fauconnerie, dont le Maroc est un membre actif.

“Riche de ces traditions séculaires et de ses nombreuses variations, qu’est-ce donc vraiment que la Fauconnerie ?

Essentiellement c’est une dramatisation, et une forme personnalisée de l’ornithologie. Cela implique un type de chasse par procuration, où l’humain s’identifie au rapace et consent à un rôle de second plan. Cette identification est si absolue qu’il arrive parfois au fauconnier de s’incarner littéralement dans l’oiseau. Il pénètre alors dans le monde inflexible de la nature, où la mort est courante, et chaque minute de vie, un accomplissement. Et dans ce monde, ce qui nous semble familier prend soudain un sens nouveau. L’Homme se métamorphose, il acquiert une fraction des qualités du faucon et ressent la griserie de son envolée fougueuse. La Fauconnerie nous permet de prendre part à un rituel complet, constitué d’un commencement, d’une fin et d’un but précis subitement accessible. Elle nous propose une véritable collaboration qui nécessite un sens des responsabilités, de la créativité, et un goût du risque. Serait-ce un moyen d’échapper à la confusion et à la stagnation inhérente à la vie moderne ? car la Fauconnerie élève l’esprit, élargit nos horizons et nous inculque une certaine philosophie. Sinon comment expliquer cette fascination qu’exerce sur nous un oiseau, qui n’est somme toute qu’un amas de plumes et quelques kilos de chair ?

Qu’est-ce donc que la Fauconnerie, sinon une forme d’Amour, une forme d’Amour oublié?

Un poème ancien résume bien cette pensée : « Il vient un temps où l’oiseau sur votre poing est prêt à s’envoler, à mesure qu’il s’éloigne, il vous semble plus près mais s’élance toujours plus haut. Où vous situez vous alors ? vous qui avez les yeux faibles et le pas lourd, dominez vos limitations et volez ! volez sous son aile… »

Jacek Strek
Ateliers et événements

Atelier : Identification des rapaces en vol

Jbel Moussa : l’AMFCR a participé du 27 au 29 avril 2018 à la première formation à l’identification des Rapaces en vol. Cet atelier a été organisé par Rachid El Khamlichi (Grepom Unité Nord-Ouest), spécialiste éminent des rapaces de la région du Detroit de Gibraltar.

Dans le cadre du renforcement sur les connaissances des oiseaux de proies au Maroc, le Groupe pour l’étude et la protection des oiseaux du Maroc (GREPOM) a organisé du 27 au 29 avril 2018, en partenariat avec la Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), et avec l’appui de la commune de Taghramt, la première formation à l’identification des rapaces en vol au Jbel Moussa. Ont participé à l’évènement plusieurs associations de conservation des rapaces au Maroc, dont l’Association des Amis des Rapaces ASARA (Agadir), Groupe d’Ornithologie du Maroc GOMAC (Meknès), l’Association Marocaine de Fauconnerie et de Conservation des Rapaces AMFCR (Témara), des professeurs et étudiants de diverses Universités du Royaume.

Ont participé également les Chefs des unités de surveillance et de contrôle de la faune sauvage de la Direction Régionale des Eaux et Forêts (DREF-RIF). Parmi les officiels, étaient présent : le Caïd de Taghramt, les Commandants des Centres de l’Environnement de la Gendarmerie Royale de Tétouan et Tanger, ainsi que le Commandant et les agents de la brigade de la Gendarmerie Royale de Ksar Sghir. Durant la journée du 28 avril, et après une visite au Centre de Récupération et de Réintroduction des Vautours fauves de Jbel Moussa, les participants ont eu l’occasion d’assister aux présentations. Était également exposé une partie du matériel utilisé pour le suivit de la faune sauvage, des brochures et guides de terrain.

Trois exposés ont été présentés. Le premier sur la Réserve de la Biosphère Intercontinentale de la Méditerranée (RBIM) par M. Rachid Abou Alouafae, chef du Service de Partenariat pour la Conservation et le Développement des Ressources Naturelles (DREFLCD – Rif). Le deuxième sur la stratégie de la migration des rapaces par le détroit de Gibraltar, présenté par M. Rachid El Khamlichi, coordinateur régional du Groupe de Recherche pour la Protection des Oiseaux au Maroc, (GREPOM/Birdlife). Et le troisième, présenté par M. Karim Rousselon, Président de l’Association Marocaine de Fauconnerie et de Conservation des Rapaces (AMFCR), expliquant les techniques et la méthodologie sur l’identifications des rapaces en vol. A la suite de ceux-ci, une discussion a été ouverte, permettant aux intéressés d’approfondir leurs connaissances sur des aspects plus techniques.

Le 29 avril, les participants ont profité d’une session pratique sur le terrain, permettant l’observation de plusieurs espèces de rapaces en migration (prénuptiale), sous l’encadrement des formateurs. Matériel d’observation et guides de terrain ont été fournis aux participants. La clôture de l’évènement a été marque par la remise d’une attestation de formation à tous les participants. Un pas de plus pour la sensibilisation à la protection du biotope et des espèces au Maroc a été franchi.

atelier Chasse au Vol - Fauconnerie

L’AMFCR participe à l’atelier régional sur la conservation et…

L’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces (AMFCR) a participé jeudi 30 novembre 2017, à El Jadida, à l’atelier régional sur la conservation et le développement de la Fauconnerie.

Dans le cadre de l’opérationnalisation du plan régional de la Loi 29-05, la Direction Régionale des Eaux et Forets et à la Lutte contre la Désertification du Centre a organisé l’atelier de lancement du « Programme régional de conservation et de développement patrimonial de la fauconnerie » le 30 novembre 2017 à El Jadida. Cet atelier, a permis d’associer un large spectre de partenaires institutionnels, de scientifiques au même titre que des associations de fauconniers.

L’organisation de cet atelier sur la fauconnerie est non seulement une occasion pour la mise en conformité de l’exercice de la fauconnerie avec les dispositions légales de la Loi CITES 29-05, mais constituera également une première étape pour la déclinaison opérationnelle du programme de conservation patrimoniale.

electrocution Electrocution

Électrocutions de rapaces: Pour des mesures concrètes!

Face à la multiplication des cas et des points noires où de grands rapaces sont quotidiennement électrocutés par les pylônes de moyennes tentions, l’AMFCR tire la sonnette d’alarme en implorant les autorités concernées d’agir rapidement afin de contenir l’hémorragie.

Électrocution de rapaces : la situation est grave! En l’espace de deux semaines, 9 aigles rares ont été retrouvés morts des suites d’électrocutions dans la province de Guelmim, alors que celle-ci est réputée pour être le foyer d’un grand nombre de rapaces en hiver. Une association de protection des oiseaux tire la sonnette d’alarme. «Il faut faire quelque chose, et vite !», martèle Mohamed Amezian, ornithologue et membre de l’association GREPOM (Groupe de Recherche pour la Protection des Oiseaux au Maroc). Il réagit ainsi à l’électrocution de 9 aigles rares en l’espace de deux semaines dans la province de Guelmim, dans le sud-ouest du Maroc. Trois aigles impériaux ibériques, cinq aigles de Bonelli et un aigle royal ont, en effet, été retrouvés électrocutés dans cette région les 22 octobre et 7 novembre 2015, l’un des aigles ibériques ayant été suivi par émetteur satellite.

Un aigle impérial ibérique électrocuté, découvert le 22 octobre. Photo / Moroccan Birds / Ali Irizi
Guelmim, zone de refuge pour les aigles rares en hiver

Selon l’association, le nombre d’oiseaux électrocutés pourrait être encore plus élevé. «Ces aigles ont été retrouvés dans une petite section de la ligne électrique. On ne sait pas ce qu’il en est ailleurs dans la province. De plus les carcasses sont souvent vite éliminées par les charognards», explique M. Amezian.

Phénomène d’autant plus inquiétant car nous entrons dans la saison hivernale, période d’affluence des aigles dans la région, selon l’ONG. La zone étant riche en nourriture, selon le responsable, les aigles ibériques venant d’Espagne, ainsi que les aigles de Bonelli du sud du Maroc ont tendance à migrer vers Guelmim et sa région. «Les aigles immatures sont encore plus concernés. Dans leurs premières années, ils se dispersent souvent», explique Rachid El Khamlichi ornithologue et membre de l’association GREPOM. «Il est possible qu’il y ait eu d’autres décès d’aigles ces derniers jours», dit-il. «C’est grave ! Cette situation est dangereuse pour les rapaces du Maroc», alerte l’ornithologue.

Les autorités doivent réagir

«Le problème de l’électrocution dans l’une des principales zones de concentration en hiver peut menacer la population marocaine d’aigles de Bonelli dans le future, si ces pylônes électriques dangereux ne sont pas neutralisés», averti M. Amezian, soulignant que l’électrocution d’aigles dans la région s’accompagnerait de coupure d’électricité. D’après lui, l’intervention des autorités «sera bénéfique non seulement pour les oiseaux, mais aussi pour les habitants et l’ONEE qui économisera les coûts de maintenance récurrents», suite aux coupures de courant provoquées par l’électrocution des oiseaux.

Joint par nos soins, la direction provinciale de l’ONEE à Guelmim reconnait l’électrocution des aigles devenue fréquente dans la région. «Mais cela a lieu au niveau des pylônes à haute tension. Ils sont gérés par le ministère des Transports», assure le directeur Ahmed Essakali. Nous avons cependant tenté en vain de contacter la direction provinciale du ministère des Transports à Guelmim.

Les Espagnols, prêts à transmettre leur savoir-faire

En attendant la réaction des autorités, les militants pour la protection des oiseaux du Maroc cherchent de l’aide auprès de leurs homologues espagnols. Ils ont récemment participé à un séminaire sur la protection transfrontalière des rapaces dans la Méditerranée, organisé conjointement par l’Union internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et la Junte d’Andalousie à Malaga.

«Parmi les soucis évoqués, nous avons parlé de l’électrocution des oiseaux. C’est un réel problème pour les grands rapaces qui sont souvent des espèces menacées», explique Rachid El Khamlichi. Et d’ajouter : «Avec l’expérience accumulée dans le domaine de l’électrocution des oiseaux, nos collègues en Andalousie, aussi bien ceux du ministère de l’Environnement de la Junte que ceux des chercheurs de EBD-CSIC [un institut de recherche public, ndlr], sont disposés à collaborer avec le Maroc en termes de transferts de connaissances dans le domaine de protection des lignes électriques dangereuses».

Par Ristel Tchounand pour Yabiladi.com. (Lien de l’article source)