Auteur : O.A

Conservation

Bouznika : installation de 11 nichoirs artificiels pour Faucon…

Le 11 avril, à Bouznika, l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces (AMFCR) en partenariat avec le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) a procédé à l’installation de 11 nichoirs pour Faucon crécerellettes (Falco naumanii). Ces nichoirs permettrons l’installation de nouveaux couples de faucons crécerellettes dans le région, qui font face à une pénurie de cavités adaptées à leur reproduction.

Le Faucon crécerellette (Falco naumanii) est l’un des plus petits faucons marocains. Comme les autres espèces de rapaces, c’est une espèce strictement protégée et son statut de conservation au Maroc reste fragile. C’est un rapace insectivore et migrateur présent en Maroc de début février jusqu’au début du mois d’octobre qui hiverne en Afrique au sud du Sahara (Sénégal, Mauritanie, Mali, Niger…). L’espèce nidifie en colonies dont les plus importantes peuvent rassembler plusieurs dizaines de couples.

Vidéo: José Francisco Calvo

Pour nicher, le Faucon crécerellette utilise principalement les cavités situées sous les toitures ou dans les murs des habitations humaines ou des bâtiments agricoles, mais aussi dans des falaises, et plus rarement, dans des tas de pierres ou des trous d’arbres. L’espèce adopte aussi assez facilement les nichoirs posés à son intention.

Les effectifs de la population marocaine sont mal connus ainsi que l’évolution de cette population, faute de suivis réguliers à l’échelle nationale. L’espèce montre une extrême sensibilité aux conditions de son environnement. En effet, les effectifs de l’espèce ont chuté de près de 90 % dans l’aire de nidification d’Europe de l’ouest entre 1960 et 1990. Ainsi, au début des années 1980, il ne restait que 3 couples en France ! Plusieurs causes sont invoquées pour expliquer cette brutale diminution: la destruction des habitats dans l’aire de nidification mais aussi divers problèmes dans les quartiers d’hivernage (périodes de sécheresse, pesticides, destruction des habitats). 

Quelles actions en faveur de l’espèce ?

L’AMFCR vise à promouvoir le développement à long terme du Faucon crécerellette au Maroc, en mettant en œuvre conjointement le suivi des populations, la protection de l’espèce et la sensibilisation du public. Bien que l’étude de la dynamique des populations en mettant en œuvre le suivi de la reproduction et le baguage des individus soit une priorité, l’AMFCR souhaite favoriser en parallèle l’installation de nouvelles populations, en accompagnant le retour de l’espèce sur de nouveaux sites, ou en renforçant les populations déjà existantes en leur offrant plus de sites de nidification grâce à la pose de nichoirs artificiels.

L’AMFCR reste disposée à étudier toute demande d’installation de nichoirs de ce genre, sous réserve que le site permette la réussite de l’opération.

L’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces (AMFCR) est une association marocaine de Protection et de Conservation des Rapaces. Cette association en partenariat avec le HCEFLCD, agis plus particulièrement pour la conservation des oiseaux de proies par la mise en place d’actions de conservation concrètes, comme dans ce cas la pose de nichoirs artificiels permettant l’installations de nouveaux couples de Faucon crécerellettes (Falco naumanii).
Ateliers et événements

L’AMFCR participe à la formation aux critères d’identification des…

Samedi 23 février 2019, au Muséum d’Histoire Naturel de Marrakech, s’est tenu un atelier de formation aux critères d’identification des rapaces du Maroc. Cette formation a été dispensée par Mohamed Radi du GREPOM (Groupe de Recherche pour la Protection des Oiseaux au Maroc), Karim Rousselon de l’AMFCR (Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces) et Fabrice Cuzin (Consultant en aires protégées et études d’impacts), en partenariat avec l’Université Cady Ayyad (UCA), le Muséum d’Histoire Naturel de Marrakech et le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD).

Les objectifs de la formation ont été le renforcement des capacités d’identification des oiseaux dans la nature dans le cadre notamment du Programme ATLAS de recensement National des Oiseaux de Proie au Maroc. Le Programme ATLAS, doit permettre à terme l’acquisition de données permettant de mieux connaitre la dynamique des populations de rapaces au Maroc, afin de pouvoir optimiser la Conservation des espèces qui auront été jugées les plus menacées.

Le public présent était constitué de membres du GREPOM et autres ONG, représentants de la DREF (Direction Régionale des Eaux et Forêts du Haut Atlas) et de Doctorants de l’UCA.

L’atelier a démarré à 9h avec la présentation de Mr Karim Rousselon du Programme ATLAS de recensement des rapaces de la région méditerranéenne initié par l’IUCN, tout en insistant sur la contribution du HCEFLCD et des ONG marocaines ainsi que sur les modalités de l’exécution de ce projet de recensement.

Cet atelier a connu la présence d’une vingtaine de participants constituée des membres du GREPOM, des représentants de la Direction Régionale des Eaux et Forêts du Haut Atlas (DREF), des étudiants Doctorants et un représentant d’une Association de Fauconnerie.  L’exposé sous forme Powerpoint a été réalisé par Mr. Radi Mohamed (Coordonnateur de l’unité Marrakech-Haut Atlas-GREPOM) et a été présenté par Mr. Karim Rousselon, Président de l’AMFCR (Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces), avec la participation de Mr. Fabrice Cuzin.

Des échanges fréquents entre les participants et les formateurs ont ponctués le déroulement de l’exposé. La qualité de la présentation et les informations apportés par les intervenants, ont contribué non seulement à l’acquisition des techniques et méthodes d’identification des Rapaces, mais aussi, à l’enrichissement des connaissances de l’écologie, du comportement et la distribution des ces oiseaux au Maroc.

A la fin de l’exposé, la séance des questions a été suivie par la pause café et l’atelier a pris fin à 12h 30, après la photo du groupe de participants.  D’autres sessions de ce type seront organisées dans le futur.

Electrocution

Recensement des rapaces au Maroc: c’est parti !

Dans un exemple de coopération transfrontalière, des ornithologues marocains et espagnols, membres d’organisations non gouvernementales du Maroc (GOMAC – Groupe Ornithologique du Maroc et ASARA  – Association des Amis des Rapaces), et de l’Espagne (GREFA – Grupo de Rehabilitación de la Fauna Autóctona y su Hábitat  et Fundación Migres), ainsi que de la Junta de Andalucia, ont pris part à la première expédition de recensement de rapaces rupicoles diurnes dans les régions de Guelmin – Oued Noun et de Tan-Tan pour une durée de 4 jours.

Après les divers ateliers effectués pour l’élaboration d’une stratégie nationale de conservation des rapaces, les divers partenaires engagés dans le projet s’attaquent au recensement sur les terrain. Ce programme, dénommé Atlas « Safe Flyways – reducing infrastructure-related bird mortality in the Mediterranean » et financé par la Fondation Mava, a pour objectif de fournir des informations de base sur la faune menacée du Maroc afin de mener des actions de gestion visant à la conservation de ces espèces et de la biodiversité en général. Le programme est coordonné par le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) et l’UICN-Med, avec le support technique des experts du Gouvernement régional de la Junta de Andalucía.

Première expédition

Ainsi, des ornithologues marocains et espagnols, membres d’organisations non gouvernementales du Maroc GOMAC et ASARA et de l’Espagne (GREFA – Grupo de Rehabilitación de la Fauna Autóctona y su Hábitat  et Fundación Migres), ainsi que de la Junta de Andalucia, ont pris part à la première expédition dans les régions de Guelmin – Oued Noun et de Tan-Tan pour une durée de 4 jours.

Les rapaces rupicoles diurnes tels que le vautour de Rüppell (Gyps rueppellii) ou le percnoptère d’Égypte (Neophron percnopterus), entre autres, constituent les premières espèces cibles du programme de recensement et de suivi car ils subissent de graves menaces telles que l’électrocution sur des lignes électriques ou l’empoisonnement.

Données préliminaires

Les données préliminaires suggèrent que les électrocutions représentent une menace importante dans cette région pour les rapaces reproducteurs et les migrateurs, comme cela avait déjà été révélé dans une première étude en 2016 (Rapport sur la mortalité de rapaces par électrocution dans le sud-ouest marocain).

Cette première visite a permis d’identifier environ 25 couples reproducteurs sur ce territoire d’espèces telles que l’aigle royal (Aquila chrysaetos), l’aigle de Bonelli (Aquila fasciata) ou le faucon lanier (Falco biarmicus).

Aussi, sur les quelques 80 kilomètres de lignes électriques parcourues au cours de la semaine dernière, environ 90 oiseaux électrocutés ont été trouvés. Les supports les plus dangereux ont été identifiés afin d’accélérer la mise en place de mesures de correction par les autorités concernées et l’office National de l’Électricité.

La participation d’experts et d’institutions des deux rives de la Méditerranée consolide un réseau d’échange d’expériences et de connaissances pour une gestion plus efficace de la conservation de la faune en général et de l’Avifaune en particulier. Ce programme montre que la conservation de la biodiversité, plus spécifiquement des rapaces, ne connaît pas de frontières.

Photos : Ali Irizi
Récupération & Réhabilitation

Salé: récupération d’un Vautour fauve (vidéo)

Le 19 novembre, l’AMFCR a été contactée par Mr Aziz, un habitant de Salé qui a récupéré un Vautour fauve (Gyps fulvus) sur sa terrasse, par une chaude après-midi d’août.

Épuisé, assoiffé et attiré par une bassine d’eau, le vautour s’est facilement laissé capturé par Aziz, qui en a pris soin quotidiennement avant de le remettre à l’AMFCR. Selon les instructions du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), le vautour a été conduit au Jardin Zoologique National (JZN) où il recevra des soins adaptés en compagnie d’autres vautours de son espèce.

 

Cet oiseau était déjà « connu de nos services »…

Ce vautour fauve (Gyps fulvus) a été identifié par une marque alaire M17. Il fut découvert le 31/07/2017 par des militaires près de Juda Jbel Moussa dans une situation très critique, souffrant de malnutrition et d’un manque de vitamines et souffrait d’attaques nerveuses. Après avoir été soigné de manière satisfaisante, sa situation physique s’est rétablie à 100%.

explique Rachid El Khamlichi du Grepom Nord-Ouest :

En raison de son caractère trop familier avec les humains, plusieurs tentatives de libération sont réalisées dans la zone de Jbel Moussa sans résultat. Cependant, il disparaît le 6 juin 2018 et réapparaît dans la zone d’Oued el Mersa le 8 juin 2018, (informations fournies par Chekh Hassan). Récupéré le même jour, il reprendra son envol 2 jours plus tard, pour réapparaitre à Salé en Août 2018 !

M17 devrait séjourner encore quelques temps en volière d’acclimatation avant de tenter une autre libération bientôt, lorsque les conditions le permettront et si les soigneurs estiment que son état physique et mental le permet.

l'IAF Ateliers et événements

L’AMFCR participe à l’Assemblée Générale annuelle 2018 de l’IAF…

À Bamberg en Allemagne, l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces a participé le 22 octobre dernier à l’Assemblée Générale de l’Association Internationale pour la Fauconnerie et la Conservation des Oiseaux de Proie (IAF). Les deux événements phares cette année étaient la célébration du 50ème anniversaire de l’IAF, et l’élection de son Excellence Majid Mansouri à sa tête.

 

 L‘ AMFCR a participé du 21 au 24 octobre à Bamberg en Allemagne à l’Assemblée Générale annuelle de l’IAF. L’organisation à but non lucratif a pour mission de sauvegarder l’Art de la Fauconnerie  et compte un maillage de quelques 115 clubs et institutions spécialisés dans plus de 90 pays dans le monde. Plusieurs activités étaient au programme de cette assemblée, mais la spécificité de cette année a été l’élection de son Excellence Majid Mansouri, qui vient remplacer Docteur Adrian Lombard au poste de Président de l’IAF. 

Un autre anniversaire a également été célébré, celui du Falkenorden (DFO), l’organisation principale de Fauconnerie Allemande, et affiliée à l’IAF. L’AMFCR a été notamment conviée à la réunion des Délégués Nationaux ainsi qu’aux divers sessions de chasses au vol.

Élection de son Excellence Majid Mansouri, premier Président arabe de l’IAF:

Un autre fait marquant qui a eu lieu cette année: l’élection de son Excellence Majid Mansouri à la tête de l’IAF. C’est la première fois depuis la création de l’IAF qu’un président d’origine arabe est élu à sa tête. Durant son mandat comme vice-président de l’IAF pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, Son Excellence Majid Ali Al Mansouri a élaboré la stratégie de l’IAF pour cette région.

En tant que membre fondateur et Secrétaire Général de l’Emirates Falconers’ Club, il a contribué au programme Cheikh Zayed libérant ainsi plus de 1 600 faucons dans la nature. Il a également fondé l’hôpital des Faucons d’Abou Dhabi et a travaillé sur des projets visant à augmenter le nombre des Houbaras. En 2008, son Excellence Majid Al Mansouri a reçu le prix de la « Meilleure Personnalité Environnementale » lors du Conseil de coopération des États du Golfe.

 

percnoptère Récupération & Réhabilitation

« PHOENIX »: petite histoire de la résurrection d’un Vautour percnoptère…

 

L’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces en coordination avec le Haut Commissariat aux Eaux Et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) a réhabilité, marqué puis relâché avec succès un vautour percnoptère –Neophron percnopterus– électrocuté. Grâce à de multiples soins et une greffe de plumes, le Vautour a pu réussir son envol et reprendre sa migration vers le sud.

   Tel l’oiseau légendaire et symbole de résurrection, doué d’une grande longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître après s’être consumé dans les flammes nous ne pouvions trouver meilleur nom que « PHOENIX » à ce vautour percnoptère, qui a miraculeusement survécu à une électrocution sur un pylône de moyenne tension. C’est le 27 Mars dernier, qu’informée par Mr Mohamed Chaibi citoyen d’Ifrane, l’AMFCR a pu procéder à la récupération de PHOENIX. 

Le vautour percnoptère est l’espèce la plus menacée parmi les quatre espèces de vautours du Paléarctique occidental. L’espèce classée « EN DANGER » dans la liste rouge de IUCN, est dans une situation plus que vulnérable, ce qui justifie le déploiement de toutes les actions possibles pour en favoriser sa Conservation.

Au moment de la récupération, PHOENIX souffrait de multiples brûlures, notamment à la patte droite, en plus de la perte de 5 rémiges primaires sur son aile droite, carbonisées au moment de l’électrocution sur un pylône de moyenne tension.

Après l’accord et avec la coordination du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), l’AMFCR a récupéré PHOENIX le 27 mars pour tenter sa réhabilitation et sa réinsertion dans son milieu. Le Vautour a reçu plusieurs traitements et soins ainsi qu’une délicate opération d’implantation de plumes. La technique dite enter est habituellement utilisée en Fauconnerie et consiste à prendre des plumes d’un « oiseau donneur » et à les « greffer » dans les plumes abîmées d’un oiseau receveur. Cette méthode mise en place il y a des siècles par les fauconniers pour réparer les plumes brisées de leurs oiseaux lors des parties de chasse au vol est aujourd’hui utilisée à des fins de réhabilitation et de conservation.

Le Vautour percnoptère a par la suite été équipé d’une balise GPS de 50 grammes, gracieusement offerte par L’Institut d’Ornithologie Max Planck Centre for Animal Marking représenté par le Dr. Wolfgang Fiedler. Il a été et également bagué (Inst Sci Rabat 104) sur le tarse droit  et porte sur le tarse gauche une bague DARVIC de couleur jaune M05.

Pose de la balise GPS et des bagues

 

PHOENIX a pris son envol avec succès le 3 août dernier à Jbel Moussa selon les instructions du Haut Commissariat aux Eaux Et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) et avec l’assistance du GREPOM Nord-Ouest et de l’AMFCR. Démontrant une parfaite récupération le Vautour percnoptère s’est envolé sans difficultés suscitant beaucoup d’émotions parmi l’équipe qui a participé au relâcher.

 

PHOENIX a séjourné plus de 15 jours dans l’arrière pays de Larache, où il a pu être observé pendant 25 minutes le 17/08/2018 par un membre de l’AMFCR. Il a entamé sa migration vers le sud le 21/08/2018, parcourant une moyenne de 270 kms par jour avant d’atteindre la frontière Algéro-Mauritanienne, où il a émis sa dernière position connue le 24 août 2018. À cette date, la batterie de la balise était proche du seuil le plus bas et s’est très probablement éteinte. Il est possible qu’il y ait eu de la saleté ou des plumes recouvrant le panneau solaire, ce qui a empêché la recharge correcte de la batterie. 

 

 À ce stade, la seule option est d’attendre. La prochaine fois que la balise aura une connexion GSM et suffisamment d’énergie, elle émettra une position GPS. Le suivi GPS des oiseaux à haute résolution révèle les menaces auxquelles ils font face. Nous pouvons ainsi voir que PHOENIX, durant son périple, a passé beaucoup de temps autour de poteaux électriques où il était directement exposé à des électrocutions mortelles. Bon vent et vivement les retrouvailles!

 

 

Le suivi complet de cet oiseau peut être vue sur l’étude Movebank  » Raptors MPIO AMFCR Morocco ».

Plus d’informations sur le marquage.

Récupération & Réhabilitation

Conservation des rapaces: L’AMFCR participe au troisième atelier national

Lors du troisième atelier pour l’élaboration d’une stratégie de Conservation des rapaces au Maroc, l’AMFCR a présenté le bilan de ses réalisations ainsi que son projet de Centre National pour la Réhabilitation des Rapaces.

 

 Le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) en collaboration avec le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN (UICN-Med) et le Gouvernement régional de l’Andalousie, ont organisé, du 2 au 4 octobre 2018 à Jbel Moussa, une série de formations sur les méthodes de recensement et de suivi de ces oiseaux de proie. L’événement fait partie de la série d’activités développées pour un transfert de connaissances sur la Conservation des rapaces menacés entre techniciens et gestionnaires des deux rives de la Méditerranée.

L’AMFCR révèle les résultats de ses réhabilitations

Lors de ce troisième atelier pour l’élaboration d’une stratégie de Conservation des rapaces au Maroc, l’AMFCR a présenté le bilan relatif aux rapaces réhabilités dans son centre provisoire durant ces 10 derniers mois. Les participants ont salué les efforts déployés par l’AMFCR et les résultats encourageants qui ont été atteints: plus d’un tiers des oiseaux réhabilités ont pu regagner la Nature. A la fin de la présentation, l’AMFCR a révélé son projet de création d’un centre National de réhabilitation des rapaces actuellement en cours de préparation.

En marge de l’événement, l’AMFCR a relâché un vautour fauve réhabilité par ses soins. L’oiseau avait été retrouvé dans la région de Bir Jdid en septembre dernier. Contacté par le citoyen qui l’a récupéré, l’AMFCR avait alors fait le déplacement puis entrepris de réhabiliter l’oiseau de proie qui n’était pas blessé mais semblait souffrir d’une fatigue extrême.

Vers un premier recensement des rapaces rupicoles

Ce troisième atelier a eu pour objectif d’établir une feuille de route en partenariat avec les ornithologues marocains de tous bords –GOMAC, AMFCR, AGIR, GREPOM, ASARA– et des agents d’autorités concernées -HCEFLCD, Gendarmerie Royale- afin de parvenir à une meilleure connaissance de ces espèces au Maroc. Cette formation est organisée dans le cadre du projet « Safe Flyways – reducing energy infrastructure related to bird mortality in the Mediterranean », financé par la Fondation MAVA.

Plusieurs présentations et débats se sont succédé durant les trois jours dans l’objectif d’organiser un premier recensement des rapaces rupicoles au Maroc. Tous les participants se sont accordé sur la nécessite urgente de réaliser ce dénombrement et dans un deuxième temps un suivi, qui permettront de poser les bons diagnostiques puis les plans d’actions nécessaires pour sauvegarder les espèces de rapaces menacés au Maroc.

Récupération & Réhabilitation

J’ai trouvé un rapace que dois-je faire?

Face à un rapace en détresse il est nécessaire de prendre en considération certaines conduites à tenir afin d’intervenir en toute sécurité tout en optimisant les chances de son sauvetage.

Les rapaces rencontrent une multitude de dangers pendant leur vie. Dans certains cas, des conditions difficiles pendant la migration peuvent occasionner chez eux des cas de fatigue extrême. Il est ainsi possible de rencontrer parfois des rapaces mal en point, fatigués, ou blessés qui sans intervention risquent de mourir. Dans d’autre cas, les rapaces en détresse le sont suite à un empoisonnement, une électrocution voire même suite à la persécution d’un braconnier -la chasse des rapaces étant interdite au Maroc-.

Face à un rapace en détresse il est nécessaire de prendre en considération certaines conduites à tenir afin d’intervenir en toute sécurité tout en optimisant les chances de son sauvetage:

  • Première chose dont il est nécessaire de s’assurer est que le rapace est réellement en détresse: les jeunes rapaces nocturnes (hibou, chouette…) qui expérimentent leurs premiers envols sont parfois maladroits et peuvent donner l’impression qu’ils sont en détresse alors qu’ils ne le sont pas. Face à un jeune rapace nocturne, le mieux est de ne pas l’approcher afin de lui donner le temps et l’espace nécessaire pour reprendre son envol. Si le jeune rapace est exposé à un danger immédiat (chats, voiture…) la seule intervention à faire est de le positionner en hauteur (un arbre, perchoir).
  • Si vous êtes amené à manipuler un rapace, il faut prendre des précautions pour éviter son bec et ses serres. Commencez par lui couvrir la tête d’un linge lui permettant de respirer, mais sans voir. Saisissez-le par le dos à la hauteur des épaules, ailes plaquées au corps. Tenez-le les bras tendus, avec des gants épais ou un linge, en veillant à ne pas trop l’approcher des personnes dans votre entourage immédiat. Veillez à ne pas abîmer les plumes de l’oiseau pendant la manipulation.
  • Placez le dans un carton en évitant de le stresser davantage. Mettez le carton ensuite dans un endroit calme obscure et tempéré. N’essayez surtout pas de le nourrir ou de l’abreuver, et prévenez immédiatement l’AMFCR (l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces) au : 0666922219.
milan Récupération & Réhabilitation

Larache: réhabilitation et relâcher d’un milan noir

Un Milan noir (Milvus migrans) immature a été récupéré le 05/08/2018 à Khmiss Sahel -région de Larache- sur le bord d’une piste. L’oiseau a probablement été empoisonné ou intoxiqué. Il a été pris en charge le jour même par l’AMFCR pour réhabilitation. Le 31/08/2018, complètement remis de son intoxication, le rapace a été relâché dans la même zone où il a été trouvé, après avoir été équipé d’une bague de métal sur le tarse droit (105 Cemo Inst Sci Rabat). Nous lui souhaitons un bon voyage vers ses quartiers d’hivernage!  
Baguage et suivi satellitaire

L’AMFCR retrouve un busard cendré mort dans la région…

L’AMFCR a retrouvé un busard cendré (Circus pygargus) mort dans la région de Fkih Ben Salah. Le rapace précédemment équipé d’une balise GPS par le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé en France a très probablement été tué par des braconniers.

L’alerte a été lancée le 23 août quand Alexandre Villers du Centre d’Études Biologiques de Chizé en France a demandé à ses collègues marocains s’ils pouvaient retrouver un busard cendré précédemment équipé par leurs soins d’une balise GPS.

Bonjour, Un de nos busards cendrés équipé d’une balise ne semble plus se déplacer. Si cela se confirmait, connaitriez-vous quelqu’un susceptible d’aller vérifier sur place (et éventuellement récupérer la balise) sur Fquih Ben Salah. D’avance merci @MoroccanBirds @GREPOMBirdlife


— Alexandre Villers (@AquilaTetrax) 24 août 2018

L’histoire de ce busard cendré avait commencé quelques jours auparavant.

On l’a surnommé Greedy parce que c’est la gourmandise qui l’a fait se prendre sur notre piège -il a pris de vitesse un jeune mâle non reproducteur qui allait se poser sur un poteau équipé d’un piège et d’un campagnol-. Il était en couple avec une femelle, Oriane, capturée également cette année le 19 juin et marquée Rouge Rouge Bleu Jaune. Les oiseaux n’étaient pas connus -ce n’était pas des oiseaux déjà bagués- et ont mené 4 poussins à l’envol pour une ponte de 4 œufs -ce qui est plutôt pas mal compte tenu des conditions.

raconte Alexandre Villers dans son échange avec l’AMFCR
Un voyage pourtant bien parti:

Après le relâcher de Greedy, l’équipe d’Alexandre pouvait continuer à suivre ses déplacements. « Le rapace a quitté les Deux-Sèvres le 15 août pour ses quartiers d’hivernage en Afrique subsaharienne. Il a parcouru 410 km en 8 heures au cours de cette journée » peut-on lire dans l’article de Magornitho.

Yesterday trip for Greedy was ~380 km, crossing the Pyrénées and sleeping close to Almazan, SP. The 4 other birds are still hanging close to small roosts (~5-10 individuals) dispersed across @ZA_PVS or in Charente. pic.twitter.com/tNZ7998vzK


— Alexandre Villers (@AquilaTetrax) 17 août 2018

Arrivé au Maroc l’oiseau a fini par s’immobiliser vers Fkih Ben Salah dans la région de Béni Mellal-Khénifra. Suite à l’appel lancé par Alexandre sur Twitter, l’AMFCR a tenu à répondre à la demande de ses confrères en faisant le déplacement vers l’endroit indiqué :

La probable piste d’un tir de braconnier:

Malheureusement, le rapace a été retrouvé mort, gisant dans un champ agricole. Il semble que l’oiseau se soit posé dans ce champ, et ai rendu l’âme en convulsant de manière assez violente. Karim a fait une petite “autopsie” mais le corps était déjà bien auto-lysé, donc aucune  preuve évidente n’a pu être trouvée. Cependant, le plus probable est qu’il ait reçu un ou plusieurs plombs de chasse dans les organes, il a ensuite volé une certaine distance avant de venir mourir dans ce champ suite à ces blessures. A noter que l’oiseau n’avait pas de fractures.

Je n’aime pas taper sur les chasseurs quand il n’y a pas de preuves, cependant cela ressemble bien à l’œuvre d’un braconnier qui a ouvert le feu sur cet oiseau qui passait dans son sillage. La Tourterelle des bois se tire fréquemment dans la région de Fkih Ben Salah. Autrement un empoisonnement, mais au regard du régime quasi pas nécrophage du busard cendré, cette option me fait douter confie.

Karim Rousselon

Unfortunately, Greedy’s migration ended up in a field in Morocco, probably shot. Thanks to all the people who transfered the tweets and a special one to Karim who drove 500 km yesterday. Hopefully the other birds will make it safely. @MoroccanBirds @GREPOM @geckolive62 pic.twitter.com/ckij3EQPZH


— Alexandre Villers (@AquilaTetrax) 27 août 2018

Menacés essentiellement par le braconnage, l’empoisonnement et le trafic des espèces, les rapaces au Maroc bénéficieront bientôt de la mise en place d’une stratégie nationale dédiée en cours d’élaboration par le Haut Commissariat aux Eaux et Forets et à la Lutte Contre la Désertification avec l’aide de ses partenaires nationaux et internationaux.

Au Maroc le busard cendré niche peu communément et très localement, dans la bande côtière atlantique entre Tanger et Essaouira, ainsi que sur la côte méditerranéenne -embouchure de la Moulouya par exemple-. De plus en rencontre assez communément l’espèce en migration -surtout de mars à mai et d’août à octobre-, dans toutes les régions du Pays.   L’article 12 de l’Arrêté du Ministère de l’Agriculture N°582-62 du 3 Novembre 1962 portant réglementation permanente de la chasse, l’article 2 de l’Arrêté du Haut Commissaire aux Eaux et Forets et à la Lutte Contre la Désertification portant ouverture Clôture et Réglementation Spéciale de la Chasse pendant la Saison 2017-2018, aussi bien que la Loi 29-05 5 relative à la protection des espèces de flore et de faune sauvages et au contrôle de leur commerce, interdisent clairement toute chasse de rapaces nocturnes ou diurnes sous peine de poursuite judiciaire.