Auteur : O.A

Récupération & Réhabilitation

Salé: récupération d’un Vautour fauve (vidéo)

Le 19 novembre, l’AMFCR a été contactée par Mr Aziz, un habitant de Salé qui a récupéré un Vautour fauve (Gyps fulvus) sur sa terrasse, par une chaude après-midi d’août.

Épuisé, assoiffé et attiré par une bassine d’eau, le vautour s’est facilement laissé capturé par Aziz, qui en a pris soin quotidiennement avant de le remettre à l’AMFCR. Selon les instructions du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), le vautour a été conduit au Jardin Zoologique National (JZN) où il recevra des soins adaptés en compagnie d’autres vautours de son espèce.

 

Cet oiseau était déjà « connu de nos services »…

Ce vautour fauve (Gyps fulvus) a été identifié par une marque alaire M17. Il fut découvert le 31/07/2017 par des militaires près de Juda Jbel Moussa dans une situation très critique, souffrant de malnutrition et d’un manque de vitamines et souffrait d’attaques nerveuses. Après avoir été soigné de manière satisfaisante, sa situation physique s’est rétablie à 100%.

explique Rachid El Khamlichi du Grepom Nord-Ouest :

En raison de son caractère trop familier avec les humains, plusieurs tentatives de libération sont réalisées dans la zone de Jbel Moussa sans résultat. Cependant, il disparaît le 6 juin 2018 et réapparaît dans la zone d’Oued el Mersa le 8 juin 2018, (informations fournies par Chekh Hassan). Récupéré le même jour, il reprendra son envol 2 jours plus tard, pour réapparaitre à Salé en Août 2018 !

M17 devrait séjourner encore quelques temps en volière d’acclimatation avant de tenter une autre libération bientôt, lorsque les conditions le permettront et si les soigneurs estiment que son état physique et mental le permet.

l'IAF Ateliers et événements

L’AMFCR participe à l’Assemblée Générale annuelle 2018 de l’IAF…

À Bamberg en Allemagne, l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces a participé le 22 octobre dernier à l’Assemblée Générale de l’Association Internationale pour la Fauconnerie et la Conservation des Oiseaux de Proie (IAF). Les deux événements phares cette année étaient la célébration du 50ème anniversaire de l’IAF, et l’élection de son Excellence Majid Mansouri à sa tête.

 

 L‘ AMFCR a participé du 21 au 24 octobre à Bamberg en Allemagne à l’Assemblée Générale annuelle de l’IAF. L’organisation à but non lucratif a pour mission de sauvegarder l’Art de la Fauconnerie  et compte un maillage de quelques 115 clubs et institutions spécialisés dans plus de 90 pays dans le monde. Plusieurs activités étaient au programme de cette assemblée, mais la spécificité de cette année a été l’élection de son Excellence Majid Mansouri, qui vient remplacer Docteur Adrian Lombard au poste de Président de l’IAF. 

Un autre anniversaire a également été célébré, celui du Falkenorden (DFO), l’organisation principale de Fauconnerie Allemande, et affiliée à l’IAF. L’AMFCR a été notamment conviée à la réunion des Délégués Nationaux ainsi qu’aux divers sessions de chasses au vol.

Élection de son Excellence Majid Mansouri, premier Président arabe de l’IAF:

Un autre fait marquant qui a eu lieu cette année: l’élection de son Excellence Majid Mansouri à la tête de l’IAF. C’est la première fois depuis la création de l’IAF qu’un président d’origine arabe est élu à sa tête. Durant son mandat comme vice-président de l’IAF pour la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, Son Excellence Majid Ali Al Mansouri a élaboré la stratégie de l’IAF pour cette région.

En tant que membre fondateur et Secrétaire Général de l’Emirates Falconers’ Club, il a contribué au programme Cheikh Zayed libérant ainsi plus de 1 600 faucons dans la nature. Il a également fondé l’hôpital des Faucons d’Abou Dhabi et a travaillé sur des projets visant à augmenter le nombre des Houbaras. En 2008, son Excellence Majid Al Mansouri a reçu le prix de la « Meilleure Personnalité Environnementale » lors du Conseil de coopération des États du Golfe.

 

percnoptère Récupération & Réhabilitation

« PHOENIX »: petite histoire de la résurrection d’un Vautour percnoptère…

 

L’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces en coordination avec le Haut Commissariat aux Eaux Et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) a réhabilité, marqué puis relâché avec succès un vautour percnoptère –Neophron percnopterus– électrocuté. Grâce à de multiples soins et une greffe de plumes, le Vautour a pu réussir son envol et reprendre sa migration vers le sud.

   Tel l’oiseau légendaire et symbole de résurrection, doué d’une grande longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître après s’être consumé dans les flammes nous ne pouvions trouver meilleur nom que « PHOENIX » à ce vautour percnoptère, qui a miraculeusement survécu à une électrocution sur un pylône de moyenne tension. C’est le 27 Mars dernier, qu’informée par Mr Mohamed Chaibi citoyen d’Ifrane, l’AMFCR a pu procéder à la récupération de PHOENIX. 

Le vautour percnoptère est l’espèce la plus menacée parmi les quatre espèces de vautours du Paléarctique occidental. L’espèce classée « EN DANGER » dans la liste rouge de IUCN, est dans une situation plus que vulnérable, ce qui justifie le déploiement de toutes les actions possibles pour en favoriser sa Conservation.

Au moment de la récupération, PHOENIX souffrait de multiples brûlures, notamment à la patte droite, en plus de la perte de 5 rémiges primaires sur son aile droite, carbonisées au moment de l’électrocution sur un pylône de moyenne tension.

Après l’accord et avec la coordination du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), l’AMFCR a récupéré PHOENIX le 27 mars pour tenter sa réhabilitation et sa réinsertion dans son milieu. Le Vautour a reçu plusieurs traitements et soins ainsi qu’une délicate opération d’implantation de plumes. La technique dite enter est habituellement utilisée en Fauconnerie et consiste à prendre des plumes d’un « oiseau donneur » et à les « greffer » dans les plumes abîmées d’un oiseau receveur. Cette méthode mise en place il y a des siècles par les fauconniers pour réparer les plumes brisées de leurs oiseaux lors des parties de chasse au vol est aujourd’hui utilisée à des fins de réhabilitation et de conservation.

Le Vautour percnoptère a par la suite été équipé d’une balise GPS de 50 grammes, gracieusement offerte par L’Institut d’Ornithologie Max Planck Centre for Animal Marking représenté par le Dr. Wolfgang Fiedler. Il a été et également bagué (Inst Sci Rabat 104) sur le tarse droit  et porte sur le tarse gauche une bague DARVIC de couleur jaune M05.

Pose de la balise GPS et des bagues

 

PHOENIX a pris son envol avec succès le 3 août dernier à Jbel Moussa selon les instructions du Haut Commissariat aux Eaux Et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) et avec l’assistance du GREPOM Nord-Ouest et de l’AMFCR. Démontrant une parfaite récupération le Vautour percnoptère s’est envolé sans difficultés suscitant beaucoup d’émotions parmi l’équipe qui a participé au relâcher.

 

PHOENIX a séjourné plus de 15 jours dans l’arrière pays de Larache, où il a pu être observé pendant 25 minutes le 17/08/2018 par un membre de l’AMFCR. Il a entamé sa migration vers le sud le 21/08/2018, parcourant une moyenne de 270 kms par jour avant d’atteindre la frontière Algéro-Mauritanienne, où il a émis sa dernière position connue le 24 août 2018. À cette date, la batterie de la balise était proche du seuil le plus bas et s’est très probablement éteinte. Il est possible qu’il y ait eu de la saleté ou des plumes recouvrant le panneau solaire, ce qui a empêché la recharge correcte de la batterie. 

 

 À ce stade, la seule option est d’attendre. La prochaine fois que la balise aura une connexion GSM et suffisamment d’énergie, elle émettra une position GPS. Le suivi GPS des oiseaux à haute résolution révèle les menaces auxquelles ils font face. Nous pouvons ainsi voir que PHOENIX, durant son périple, a passé beaucoup de temps autour de poteaux électriques où il était directement exposé à des électrocutions mortelles. Bon vent et vivement les retrouvailles!

 

 

Le suivi complet de cet oiseau peut être vue sur l’étude Movebank  » Raptors MPIO AMFCR Morocco ».

Plus d’informations sur le marquage.

Récupération & Réhabilitation

Conservation des rapaces: L’AMFCR participe au troisième atelier national

Lors du troisième atelier pour l’élaboration d’une stratégie de Conservation des rapaces au Maroc, l’AMFCR a présenté le bilan de ses réalisations ainsi que son projet de Centre National pour la Réhabilitation des Rapaces.

 

 Le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) en collaboration avec le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN (UICN-Med) et le Gouvernement régional de l’Andalousie, ont organisé, du 2 au 4 octobre 2018 à Jbel Moussa, une série de formations sur les méthodes de recensement et de suivi de ces oiseaux de proie. L’événement fait partie de la série d’activités développées pour un transfert de connaissances sur la Conservation des rapaces menacés entre techniciens et gestionnaires des deux rives de la Méditerranée.

L’AMFCR révèle les résultats de ses réhabilitations

Lors de ce troisième atelier pour l’élaboration d’une stratégie de Conservation des rapaces au Maroc, l’AMFCR a présenté le bilan relatif aux rapaces réhabilités dans son centre provisoire durant ces 10 derniers mois. Les participants ont salué les efforts déployés par l’AMFCR et les résultats encourageants qui ont été atteints: plus d’un tiers des oiseaux réhabilités ont pu regagner la Nature. A la fin de la présentation, l’AMFCR a révélé son projet de création d’un centre National de réhabilitation des rapaces actuellement en cours de préparation.

En marge de l’événement, l’AMFCR a relâché un vautour fauve réhabilité par ses soins. L’oiseau avait été retrouvé dans la région de Bir Jdid en septembre dernier. Contacté par le citoyen qui l’a récupéré, l’AMFCR avait alors fait le déplacement puis entrepris de réhabiliter l’oiseau de proie qui n’était pas blessé mais semblait souffrir d’une fatigue extrême.

Vers un premier recensement des rapaces rupicoles

Ce troisième atelier a eu pour objectif d’établir une feuille de route en partenariat avec les ornithologues marocains de tous bords –GOMAC, AMFCR, AGIR, GREPOM, ASARA– et des agents d’autorités concernées -HCEFLCD, Gendarmerie Royale- afin de parvenir à une meilleure connaissance de ces espèces au Maroc. Cette formation est organisée dans le cadre du projet « Safe Flyways – reducing energy infrastructure related to bird mortality in the Mediterranean », financé par la Fondation MAVA.

Plusieurs présentations et débats se sont succédé durant les trois jours dans l’objectif d’organiser un premier recensement des rapaces rupicoles au Maroc. Tous les participants se sont accordé sur la nécessite urgente de réaliser ce dénombrement et dans un deuxième temps un suivi, qui permettront de poser les bons diagnostiques puis les plans d’actions nécessaires pour sauvegarder les espèces de rapaces menacés au Maroc.

Récupération & Réhabilitation

J’ai trouvé un rapace que dois-je faire?

Face à un rapace en détresse il est nécessaire de prendre en considération certaines conduites à tenir afin d’intervenir en toute sécurité tout en optimisant les chances de son sauvetage.

 

 Les rapaces rencontrent une multitude de dangers pendant leur vie. Dans certains cas, des conditions difficiles pendant la migration peuvent occasionner chez eux des cas de fatigue extrême. Il est ainsi possible de rencontrer parfois des rapaces mal en point, fatigués, ou blessés qui sans intervention risquent de mourir. Dans d’autre cas, les rapaces en détresse le sont suite à un empoisonnement, une électrocution voire même suite à la persécution d’un braconnier -la chasse des rapaces étant interdite au Maroc-.

Face à un rapace en détresse il est nécessaire de prendre en considération certaines conduites à tenir afin d’intervenir en toute sécurité tout en optimisant les chances de son sauvetage:

  • Première chose dont il est nécessaire de s’assurer est que le rapace est réellement en détresse: les jeunes rapaces nocturnes (hibou, chouette…) qui expérimentent leurs premiers envols sont parfois maladroits et peuvent donner l’impression qu’ils sont en détresse alors qu’ils ne le sont pas. Face à un jeune rapace nocturne, le mieux est de ne pas l’approcher afin de lui donner le temps et l’espace nécessaire pour reprendre son envol. Si le jeune rapace est exposé à un danger immédiat (chats, voiture…) la seule intervention à faire est de le positionner en hauteur (un arbre, perchoir).

 

  • Si vous êtes amené à manipuler un rapace, il faut prendre des précautions pour éviter son bec et ses serres. Commencez par lui couvrir la tête d’un linge lui permettant de respirer, mais sans voir. Saisissez-le par le dos à la hauteur des épaules, ailes plaquées au corps. Tenez-le les bras tendus, avec des gants épais ou un linge, en veillant à ne pas trop l’approcher des personnes dans votre entourage immédiat. Veillez à ne pas abîmer les plumes de l’oiseau pendant la manipulation.

 

  • Placez le dans un carton en évitant de le stresser davantage. Mettez le carton ensuite dans un endroit calme obscure et tempéré. N’essayez surtout pas de le nourrir ou de l’abreuver, et prévenez immédiatement l’AMFCR (l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces) au : 0666922219.
milan Récupération & Réhabilitation

Larache: réhabilitation et relâcher d’un milan noir

Un Milan noir (Milvus migrans) immature a été récupéré le 05/08/2018 à Khmiss Sahel -région de Larache- sur le bord d’une piste. L’oiseau a probablement été empoisonné ou intoxiqué. Il a été pris en charge le jour même par l’AMFCR pour réhabilitation. Le 31/08/2018, complètement remis de son intoxication, le rapace a été relâché dans la même zone où il a été trouvé, après avoir été équipé d’une bague de métal sur le tarse droit (105 Cemo Inst Sci Rabat). Nous lui souhaitons un bon voyage vers ses quartiers d’hivernage!

 

Baguage et suivi satellitaire

L’AMFCR retrouve un busard cendré mort dans la région…

L’AMFCR a retrouvé un busard cendré (Circus pygargus) mort dans la région de Fkih Ben Salah. Le rapace précédemment équipé d’une balise GPS par le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé en France a très probablement été tué par des braconniers.

 

L‘alerte a été lancée le 23 août quand Alexandre Villers du Centre d’Etudes Biologiques de Chizé en France a demandé à ses collègues marocains s’ils pouvaient retrouver un busard cendré précédemment équipé par leurs soins d’une balise GPS.

L’histoire de ce busard cendré avait commencé quelques jours auparavant.

On l’a surnommé Greedy parce que c’est la gourmandise qui l’a fait se prendre sur notre piège -il a pris de vitesse un jeune mâle non reproducteur qui allait se poser sur un poteau équipé d’un piège et d’un campagnol-. Il était en couple avec une femelle, Oriane, capturée également cette année le 19 juin et marquée Rouge Rouge Bleu Jaune. Les oiseaux n’étaient pas connus -ce n’était pas des oiseaux déjà bagués- et ont mené 4 poussins à l’envol pour une ponte de 4 œufs -ce qui est plutôt pas mal compte tenu des conditions raconte Alexandre Villers dans son échange avec l’AMFCR.

Un voyage pourtant bien parti:

Après le relâcher de Greedy, l’équipe d’Alexandre pouvait continuer à suivre ses déplacements. « Le rapace a quitté les Deux-Sèvres le 15 août pour ses quartiers d’hivernage en Afrique subsaharienne. Il a parcouru 410 km en 8 heures au cours de cette journée » peut-on lire dans l’article de Magornitho.

Arrivé au Maroc l’oiseau a fini par s’immobiliser vers Fkih Ben Salah dans la région de Béni Mellal-Khénifra. Suite à l’appel lancé par Alexandre sur Twitter, l’AMFCR a tenu à répondre à la demande de ses confrères en faisant le déplacement vers l’endroit indiqué :

La probable piste d’un tir de braconnier:

Malheureusement, le rapace a été retrouvé mort, gisant dans un champ agricole. Il semble que l’oiseau se soit posé dans ce champ, et ai rendu l’âme en convulsant de manière assez violente. Karim a fait une petite “autopsie” mais le corps était déjà bien auto-lysé, donc aucune  preuve évidente n’a pu être trouvée. Cependant, le plus probable est qu’il ait reçu un ou plusieurs plombs de chasse dans les organes, il a ensuite volé une certaine distance avant de venir mourir dans ce champ suite à ces blessures. A noter que l’oiseau n’avait pas de fractures.

Je n’aime pas taper sur les chasseurs quand il n’y a pas de preuves, cependant cela ressemble bien à l’œuvre d’un braconnier qui a ouvert le feu sur cet oiseau qui passait dans son sillage. La Tourterelle des bois se tire fréquemment dans la région de Fkih Ben Salah. Autrement un empoisonnement, mais au regard du régime quasi pas nécrophage du busard cendré, cette option me fait douter confie Karim Rousselon.

Menacés essentiellement par le braconnage, l’empoisonnement et le trafic des espèces, les rapaces au Maroc bénéficieront bientôt de la mise en place d’une stratégie nationale dédiée en cours d’élaboration par le Haut Commissariat aux Eaux et Forets et à la Lutte Contre la Désertification avec l’aide de ses partenaires nationaux et internationaux.

 

Au Maroc le busard cendré niche peu communément et très localement, dans la bande côtière atlantique entre Tanger et Essaouira, ainsi que sur la côte méditerranéenne -embouchure de la Moulouya par exemple-. De plus en rencontre assez communément l’espèce en migration -surtout de mars à mai et d’août à octobre-, dans toutes les régions du Pays.

L’article 12 de l’Arrêté du Ministère de l’Agriculture N°582-62 du 3 Novembre 1962 portant réglementation permanente de la chasse, l’article 2 de l’Arrêté du Haut Commissaire aux Eaux et Forets et à la Lutte Contre la Désertification portant ouverture Clôture et Réglementation Spéciale de la Chasse pendant la Saison 2017-2018, aussi bien que la Loi 29-05 5 relative à la protection des espèces de flore et de faune sauvages et au contrôle de leur commerce, interdisent clairement toute chasse de rapaces nocturnes ou diurnes sous peine de poursuite judiciaire.

 

Moussem Chasse au Vol - Fauconnerie

Moussem Moulay Abdellah 2018: Tabyazt à l’honneur

El Jadida : du 3 au 10 aout le Moussem de Moulay Abdellah Amghar a mis à l’honneur le patrimoine culturel doukkali. Parmi les activités mise en avant : la fauconnerie des Kwassems plus connues sous le nom de Tabyazt.

Le séculaire Moussem Moulay Abdellah Amghar, qui a eu lieu sous le haut patronage de SM le Roi Mohammed VI du 3 au10 août 2018, a encore été une occasion rêvée pour mettre en valeur les patrimoines culturels Jdidi.

Quelque 500.000 personnes ont répondu présents à l’appel du Moussem. C’est ainsi que les Kwassems ont pu exhiber leurs talents et savoirs faire. A travers plusieurs spectacles utilisant des faucons entrainés par leurs soins les « byaza » ont démontré une relation homme-animal particulière. Comme chaque année, l’engouement était au rendez-vous démontrant un intérêt certain du public face à un patrimoine parfois méconnu mais toujours apprécié.

conservation Conservation

La Conservation par la Fauconnerie

Grâce aux savoir-faire acquis par la pratique de la fauconnerie, il est possible d’augmenter les chances de réussite des activités de conservation et de réhabilitation des rapaces.

La fauconnerie peut se révéler profitable pour l’entraînement au vol des oiseaux en voie de réhabilitation ainsi que pour l’éducation. Les connaissances des fauconniers -concernant les oiseaux qu’ils possèdent, leur écologie ainsi que leur reproduction en captivité- sont d’une utilité inégalable en ce qui a trait à la participation aux programmes de réintroduction d’espèces menacées.

Dans un autre registre, la fauconnerie permet également de solutionner des problématiques liées à des espèces aviaires invasives sans devoir passer par des empoisonnements ou des exterminations. Que ce soit dans des aéroports, des sites industriels ou même des espaces urbains, il est possible effaroucher des groupes d’oiseaux et de les éloigner définitivement en ayant recours à un fauconnier qui utilise un rapace pour chasser les autres oiseaux indésirables.

Chasse au Vol - Fauconnerie

Tabiyazt: la Fauconnerie à la marocaine

La fauconnerie, al bayzara,  Tabiyazt, al Sayd b-ettaïr al horr, assaqqara,  ou la chasse au faucon est l’art de capturer du gibier vivant au moyen de rapaces spécialement entraînés à cet effet.

La pratique de tabiyazt est apparue dans notre pays avec l’avènement des Arabes au pays du Maghreb,notamment, à partir du XIIe siècle. Ce mode de chasse s’est, alors, répandu, aussi bien dans les milieux royaux que parmi les communautés nomades et semi-nomades.

Les textes historiques attestent de l’intérêt que les sultans du Maroc, de l’époque almohade (XIIIe s.) à l’époque alaouite (depuis le XVIIe s.), ont accordé à l’art de tabiyazt et du rôle qu’a joué le faucon dans les échanges diplomatiques du Maroc avec les autres souverains d’Orient et d’Occident.

Il est assez difficile de préciser une date concernant le début de la pratique de l’art de la fauconnerie ou de la chasse au vol au Maroc. Néanmoins, la pratique de tabiyazt est apparue dans notre pays avec l’avènement des Arabes au pays du Maghreb, notamment, à partir du XIIe siècle. Ce mode de chasse s’est alors répandu, aussi bien parmi l’élite régnante que parmi les communautés nomades et semi-nomades. Les textes historiques attestent de l’intérêt que les sultans du Maroc, de l’époque almohade à l’époque alaouite, ont accordé à l’art de tabiyazt et du rôle qu’a joué le faucon dans les échanges diplomatiques du Maroc avec les autres souverains d’Orient et d’Occident. Les Dahirs datant du XIXe siècle témoignent de l’importance attribuée à cette activité par les sultans Alaouites qui n’ont cessé d’encourager les familles Kouassem de Doukkala, connues depuis longtemps par leur passion pour la fauconnerie, et qui ont réussi à maintenir cette tradition vivante jusqu’à nos.

Attiré par les exploits de cet oiseau dans la poursuite et la capture de proies, l’homme l’a d’abord utilisé à des fins de chasse avant de faire de son usage un art et un sport de loisir fascinant qui a son éthique et ses règles, exigeant de la patience et de la persévérance pour capturer le faucon, l’entretenir, l’affaiter, et le faire chasser.

La fauconnerie, est pratiquée traditionnellement par la tribu des Kwassems dans la région de Doukkala depuis très longtemps. Elle est exercée dans les zones dégagées limitrophes de leurs habitations. Le genre de faucon le plus utilisé est le pèlerin appelé «bahri» et «nebli», il est capturé dans les régions des villes Essaouira et Safi avec une méthode traditionnelle : un filet est tendu autour de trois piquets et sur lequel on place un pigeon lui servant d’appât. Attiré par l’agitation du pigeon, le faucon plane autour de lui, puis il l’attaque. A ce moment-là le faucon est accroché dans le filet puis capturé par le fauconnier. Celui-ci procède, alors, à son affaitage et son initiation à la chasse du gibier qui peuvent durer plusieurs semaines. Le genre de gibier chassé et le plus répandu au Maroc est de type œdicnème criard appelé localement karzit.

La pratique de cet art est parvenue à réunir un grand nombre d’adeptes passionnés dans plusieurs régions du monde fédérés notamment par l’Association internationale de la fauconnerie, dont le Maroc est un membre actif.

“Riche de ces traditions séculaires et de ses nombreuses variations, qu’est-ce donc vraiment que la Fauconnerie ?  

Essentiellement c’est une dramatisation, et une forme personnalisée de l’ornithologie. Cela implique un type de chasse par procuration, où l’humain s’identifie au rapace et consent à un rôle de second plan. Cette identification est si absolue qu’il arrive parfois au fauconnier de s’incarner littéralement dans l’oiseau. Il pénètre alors dans le monde inflexible de la nature, où la mort est courante, et chaque minute de vie, un accomplissement. Et dans ce monde, ce qui nous semble familier prend soudain un sens nouveau. L’Homme se métamorphose, il acquiert une fraction des qualités du faucon et ressent la griserie de son envolée fougueuse. La Fauconnerie nous permet de prendre part à un rituel complet, constitué d’un commencement, d’une fin et d’un but précis subitement accessible. Elle nous propose une véritable collaboration qui nécessite un sens des responsabilités, de la créativité, et un goût du risque. Serait-ce un moyen d’échapper à la confusion et à la stagnation inhérente à la vie moderne ? car la Fauconnerie élève l’esprit, élargit nos horizons et nous inculque une certaine philosophie. Sinon comment expliquer cette fascination qu’exerce sur nous un oiseau, qui n’est somme toute qu’un amas de plumes et quelques kilos de chair ?

Qu’est-ce donc que la Fauconnerie, sinon une forme d’Amour, une forme d’Amour oublié.

Un poème ancien résume bien cette pensée : « Il vient un temps où l’oiseau sur votre poing est prêt à s’envoler, à mesure qu’il s’éloigne, il vous semble plus près mais s’élance toujours plus haut. Où vous situez vous alors ? vous qui avez les yeux faibles et le pas lourd, dominez vos limitations et volez ! volez sous son aile… »

Jacek Strek