Catégorie : Conservation

Conservation

Bouznika : installation de 11 nichoirs artificiels pour Faucon…

Le 11 avril, à Bouznika, l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces (AMFCR) en partenariat avec le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) a procédé à l’installation de 11 nichoirs pour Faucon crécerellettes (Falco naumanii). Ces nichoirs permettrons l’installation de nouveaux couples de faucons crécerellettes dans le région, qui font face à une pénurie de cavités adaptées à leur reproduction.

Le Faucon crécerellette (Falco naumanii) est l’un des plus petits faucons marocains. Comme les autres espèces de rapaces, c’est une espèce strictement protégée et son statut de conservation au Maroc reste fragile. C’est un rapace insectivore et migrateur présent en Maroc de début février jusqu’au début du mois d’octobre qui hiverne en Afrique au sud du Sahara (Sénégal, Mauritanie, Mali, Niger…). L’espèce nidifie en colonies dont les plus importantes peuvent rassembler plusieurs dizaines de couples.

Vidéo: José Francisco Calvo

Pour nicher, le Faucon crécerellette utilise principalement les cavités situées sous les toitures ou dans les murs des habitations humaines ou des bâtiments agricoles, mais aussi dans des falaises, et plus rarement, dans des tas de pierres ou des trous d’arbres. L’espèce adopte aussi assez facilement les nichoirs posés à son intention.

Les effectifs de la population marocaine sont mal connus ainsi que l’évolution de cette population, faute de suivis réguliers à l’échelle nationale. L’espèce montre une extrême sensibilité aux conditions de son environnement. En effet, les effectifs de l’espèce ont chuté de près de 90 % dans l’aire de nidification d’Europe de l’ouest entre 1960 et 1990. Ainsi, au début des années 1980, il ne restait que 3 couples en France ! Plusieurs causes sont invoquées pour expliquer cette brutale diminution: la destruction des habitats dans l’aire de nidification mais aussi divers problèmes dans les quartiers d’hivernage (périodes de sécheresse, pesticides, destruction des habitats). 

Quelles actions en faveur de l’espèce ?

L’AMFCR vise à promouvoir le développement à long terme du Faucon crécerellette au Maroc, en mettant en œuvre conjointement le suivi des populations, la protection de l’espèce et la sensibilisation du public. Bien que l’étude de la dynamique des populations en mettant en œuvre le suivi de la reproduction et le baguage des individus soit une priorité, l’AMFCR souhaite favoriser en parallèle l’installation de nouvelles populations, en accompagnant le retour de l’espèce sur de nouveaux sites, ou en renforçant les populations déjà existantes en leur offrant plus de sites de nidification grâce à la pose de nichoirs artificiels.

L’AMFCR reste disposée à étudier toute demande d’installation de nichoirs de ce genre, sous réserve que le site permette la réussite de l’opération.

L’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces (AMFCR) est une association marocaine de Protection et de Conservation des Rapaces. Cette association en partenariat avec le HCEFLCD, agis plus particulièrement pour la conservation des oiseaux de proies par la mise en place d’actions de conservation concrètes, comme dans ce cas la pose de nichoirs artificiels permettant l’installations de nouveaux couples de Faucon crécerellettes (Falco naumanii).
Electrocution

Recensement des rapaces au Maroc: c’est parti !

Dans un exemple de coopération transfrontalière, des ornithologues marocains et espagnols, membres d’organisations non gouvernementales du Maroc (GOMAC – Groupe Ornithologique du Maroc et ASARA  – Association des Amis des Rapaces), et de l’Espagne (GREFA – Grupo de Rehabilitación de la Fauna Autóctona y su Hábitat  et Fundación Migres), ainsi que de la Junta de Andalucia, ont pris part à la première expédition de recensement de rapaces rupicoles diurnes dans les régions de Guelmin – Oued Noun et de Tan-Tan pour une durée de 4 jours.

Après les divers ateliers effectués pour l’élaboration d’une stratégie nationale de conservation des rapaces, les divers partenaires engagés dans le projet s’attaquent au recensement sur les terrain. Ce programme, dénommé Atlas « Safe Flyways – reducing infrastructure-related bird mortality in the Mediterranean » et financé par la Fondation Mava, a pour objectif de fournir des informations de base sur la faune menacée du Maroc afin de mener des actions de gestion visant à la conservation de ces espèces et de la biodiversité en général. Le programme est coordonné par le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) et l’UICN-Med, avec le support technique des experts du Gouvernement régional de la Junta de Andalucía.

Première expédition

Ainsi, des ornithologues marocains et espagnols, membres d’organisations non gouvernementales du Maroc GOMAC et ASARA et de l’Espagne (GREFA – Grupo de Rehabilitación de la Fauna Autóctona y su Hábitat  et Fundación Migres), ainsi que de la Junta de Andalucia, ont pris part à la première expédition dans les régions de Guelmin – Oued Noun et de Tan-Tan pour une durée de 4 jours.

Les rapaces rupicoles diurnes tels que le vautour de Rüppell (Gyps rueppellii) ou le percnoptère d’Égypte (Neophron percnopterus), entre autres, constituent les premières espèces cibles du programme de recensement et de suivi car ils subissent de graves menaces telles que l’électrocution sur des lignes électriques ou l’empoisonnement.

Données préliminaires

Les données préliminaires suggèrent que les électrocutions représentent une menace importante dans cette région pour les rapaces reproducteurs et les migrateurs, comme cela avait déjà été révélé dans une première étude en 2016 (Rapport sur la mortalité de rapaces par électrocution dans le sud-ouest marocain).

Cette première visite a permis d’identifier environ 25 couples reproducteurs sur ce territoire d’espèces telles que l’aigle royal (Aquila chrysaetos), l’aigle de Bonelli (Aquila fasciata) ou le faucon lanier (Falco biarmicus).

Aussi, sur les quelques 80 kilomètres de lignes électriques parcourues au cours de la semaine dernière, environ 90 oiseaux électrocutés ont été trouvés. Les supports les plus dangereux ont été identifiés afin d’accélérer la mise en place de mesures de correction par les autorités concernées et l’office National de l’Électricité.

La participation d’experts et d’institutions des deux rives de la Méditerranée consolide un réseau d’échange d’expériences et de connaissances pour une gestion plus efficace de la conservation de la faune en général et de l’Avifaune en particulier. Ce programme montre que la conservation de la biodiversité, plus spécifiquement des rapaces, ne connaît pas de frontières.

Photos : Ali Irizi
Récupération & Réhabilitation

Temps durs pour les Aigles au Maroc – Cas…

Le 17/12/2018, le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) en compagnie de l’AMFCR, de la Junta de Andalucia et de la Fondacion MIGRES ont remis en liberté une femelle immature d’Aigle Ibérique (Aquila adalberti) après l’avoir équipée d’une balise GPS. Cet oiseau, récupéré en état de détresse dans la région de Bouznika le 19/11/2018, a été soigné et réhabilité pendant près d’un mois par l’AMFCR, avant de retrouver un état physique jugé satisfaisant pour pouvoir réintégrer la nature.
Aigle Ibérique M06 fraîchement équipé d’une balise GPS, quelques minutes avant son relâcher – Bouznika – 17/12/2018 – Karim LAIDI

Plus de 2000 kilomètres et un mois plus tard, le 15/01/2019, l’Aigle Ibérique M06 sera retrouvé mort dans la Baie de Dakhla par Nicolò Calcagno. Aucune autopsie n’ayant pu être réalisée, la cause de la mort restera malheureusement inconnue. Aucune trace de fractures n’a été constatée. Cependant le corps semble avoir dérivé dans la baie de Dakhla quelques jours avant d’échouer sur la plage, où il sera retrouvé.

Cadavre de l’Aigle Ibérique M06 retrouvé mort sur la plage –  Baie de Dakhla – 25/01/2019 – Nicolò Calcagno
L’Aigle de Bonneli déplumé

Le 05/06/2018, le HCEFLCD en compagnie de l’AMFCR ont relâché une femelle immature d’Aigle de Bonelli (Aquila fasciata) qui s’était accidentellement faite prendre dans les filets protecteurs d’un élevage avicole. L’oiseau a été bagué OPX et libéré dans la région de Bouznika. Le 08/01/2019, soit 217 jours après avoir été relâché, l’AMFCR est contactée par un habitant de la région de Sidi Bettache qui affirme avoir capturé l’aigle alors que ce dernier essayait de s’en prendre à l’une de ses poules. Décidément, les habitudes ont la vie dure ! L’oiseau sera récupéré par l’AMFCR le lendemain, vivant, mais malheureusement toute ses rémiges avaient été coupées au ciseau. OPX a été mis en volière de réhabilitation, où il séjournera jusqu’à ce qu’il mue toutes ses plumes, ce qui prendra plusieurs mois.

Récupération de l’Aigle de Bonelli OPX, attaché par une patte dans le poulailler – Sidi Bettache – 10/01/2019 – Karim ROUSSELON
La mort mystérieuse d’un Aigle Royal 

Enfin, le 12/12/2018, le HCEFLCD en compagnie de l’AMFCR ont relâché une femelle immature d’Aigle Royal (Aquila chrysaetos) bagué M01. Cet oiseau, remis au centre de soins de l’AMFCR en 2017 après avoir été désairée (dénichée) de manière illégale, sera réhabilité pendant de longs mois grâce à l’utilisation de techniques de Fauconnerie. L’oiseau sera retrouvé mort le 25/01/2019 à Bir Nasser (région de Benslimane) par l’USCFS, qui remettra le cadavre à l’ONSSA locale pour analyse virale. Aucune autopsie sur la cause de la mort ne sera effectuée, bien que nous ayons de fortes suspicion de tirs au plombs.

 Relâcher de l’Aigle Royal M01. Bouznika – 12/12/2018 – Karim LAIDI
Perspectives

Ces 3 exemples illustrent partiellement les conditions difficiles dans lesquelles doivent évoluer les grands rapaces, et les nombreux dangers auxquels ils font face, même si dans les 2 cas de mortalité précédemment cités, aucune autopsie n’a pu être effectuée. Il conviendra dans le futur de mieux former les techniciens de l’ONSSA et de systématiser les autopsies de rapaces, de manière à identifier clairement les causes de mortalité, et pouvoir le cas échant y apporter des mesures correctives.

?

Baguage et suivi satellitaire

L’AMFCR marque et relâche un Aigle Ibérique

L’AMFCR a marqué et relâché avec succès une femelle d’Aigle Ibérique. Cette opération encadrée par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification et exécutée par l’AMFCR en partenariat avec Consejeria de Medio Ambiente y Ordenacion del Territorio de la Junta de Andalucia et de la Fondation Migres permettra l’identification des menaces qui pèsent sur ces oiseaux au Maroc, afin d’y apporter des mesures correctives.

Le 17 Novembre 2018, une femelle d’Aigle Ibérique a été récupérée par l’AMFCR dans la région de Bouznika. L’oiseau, une jeune femelle née en 2017 en Espagne, était affaiblit, en détresse et atteinte de coccidioses. Soignée puis réhabilitée durant un mois en volière par l’AMFCR, son marquage et son relâcher ont été organisé avec l’accord et l’étroite collaboration du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification, de la Consejeria de Medio Ambiente y Ordenacion del Territorio de la Junta de Andalucia et de la Fondation Migres.

Ce travail orchestré par le HCEFLCD s’intègre le cadre de la mise en place d’une Stratégie Nationale pour la Conservation des Oiseaux de Proie au Maroc, qui devrait permettre d’assurer la pérennité des populations de rapaces les plus menacés dans notre Pays, maillon essentiel à l’équilibre des écosystèmes.

Une balise GPS de 45 grammes ainsi qu’une bague Darvic jaune M06 ont été installées sur la femelle Aigle ibérique qui a été relâché le 17 Décembre 2018 avec succès. Le rapace a par la suite été observée en bonne santé dans la subéraie de la région de Benslimane plusieurs fois, garantissant le succès de sa réintégration à la Nature.

[masterslider id= »1″]

Le suivi satellitaire de ces oiseaux permettra d’apporter des informations essentielles à l’identification des principales menaces qui pèsent sur ces oiseaux au Maroc, et pouvoir en conséquence y apporter des mesures correctives.

L’Aigle ibérique, revenu de loin…

Pour rappel, l’Aigle Ibérique est une espèce emblématique qui a failli disparaitre dans les années 1970, principalement à cause des électrocutions, de la raréfaction des proies (notamment le lapin), l’empoisonnement et la modification de ses habitats.

Femelle d’Aigle Ibérique (Bague M06) équipée d’une balise GPS juste avant son relâcher. Bouznika – 17/12/2018 – Photo Karim LAIDI

Le plan de Récupération et de Conservation de l’Aigle Ibérique mis en place par les différentes provinces Espagnoles a permis la stabilisation, puis l’augmentation progressive de la population d’Aigle Ibérique. Aujourd’hui, entre 600 et 700 couples d’Aigles Ibérique peuplent la Péninsule, contre 120/130 couples en 1970.

La population nicheuse Marocaine, qui existait en faible densité dans le Nord-Ouest du Pays (Forêt de Maamora, Plaine de Loukkos), est considérée comme disparue probablement vers 1940. Cependant, face aux efforts considérables déployées par l’Espagne pour la Conservation de l’espèce, ayant pour conséquence l’augmentation de la population, les observations Marocaines et Nord Africaines d’Aigles Ibériques immatures erratiques en provenance de la Péninsule sont de plus en plus fréquentes.

En 2017, au moins quatre aigles Ibériques ont franchi le détroit de Gibraltar en direction de l’Afrique du Nord. Il s’agissait dans les 4 cas d’oiseaux encore immatures :

  • Un oiseau photographié, après avoir traversé le détroit de Gibraltar, derrière le port de Tanger-Med, le 12 septembre (R. El Khamlichi).
  • Un oiseau photographié au même endroit le 6 octobre, également juste après avoir traversé le détroit (R. El Khamlichi).
  • Un oiseau photographié également sur le même site le 10 novembre (R. El Khamlichi, Cécile Krystelle et Radu Adrian).
  • Un oiseau mâle suivi par satellite en Andalousie a traversé le détroit en septembre 2017.

Ce dernier, a voyagé du nord du Maroc à l’Algérie puis dans les montagnes de l’Atlas, le Sahara et Guelmim. Il s’est ensuite dirigé vers le nord sur la côte atlantique entre Casablanca et Rabat où il survit grâce à la présence de proies en nombre dans les réserves et amodiations de chasses.

Karim Rousselon, président de l’AMFCR, avait réussi à localiser et photographier l’oiseau le 27 octobre 2017. L’Aigle Ibérique mâle n’a depuis pas quitté le Maroc où il séjourne principalement dans les réserves protégées de chasse, qui semblent lui offrir protection et nourriture. Espérons voir un cas de reproduction prochainement…

Récupération & Réhabilitation

Salé: récupération d’un Vautour fauve (vidéo)

Le 19 novembre, l’AMFCR a été contactée par Mr Aziz, un habitant de Salé qui a récupéré un Vautour fauve (Gyps fulvus) sur sa terrasse, par une chaude après-midi d’août.

Épuisé, assoiffé et attiré par une bassine d’eau, le vautour s’est facilement laissé capturé par Aziz, qui en a pris soin quotidiennement avant de le remettre à l’AMFCR. Selon les instructions du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), le vautour a été conduit au Jardin Zoologique National (JZN) où il recevra des soins adaptés en compagnie d’autres vautours de son espèce.

 

Cet oiseau était déjà « connu de nos services »…

Ce vautour fauve (Gyps fulvus) a été identifié par une marque alaire M17. Il fut découvert le 31/07/2017 par des militaires près de Juda Jbel Moussa dans une situation très critique, souffrant de malnutrition et d’un manque de vitamines et souffrait d’attaques nerveuses. Après avoir été soigné de manière satisfaisante, sa situation physique s’est rétablie à 100%.

explique Rachid El Khamlichi du Grepom Nord-Ouest :

En raison de son caractère trop familier avec les humains, plusieurs tentatives de libération sont réalisées dans la zone de Jbel Moussa sans résultat. Cependant, il disparaît le 6 juin 2018 et réapparaît dans la zone d’Oued el Mersa le 8 juin 2018, (informations fournies par Chekh Hassan). Récupéré le même jour, il reprendra son envol 2 jours plus tard, pour réapparaitre à Salé en Août 2018 !

M17 devrait séjourner encore quelques temps en volière d’acclimatation avant de tenter une autre libération bientôt, lorsque les conditions le permettront et si les soigneurs estiment que son état physique et mental le permet.

percnoptère Récupération & Réhabilitation

« PHOENIX »: petite histoire de la résurrection d’un Vautour percnoptère…

 

L’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces en coordination avec le Haut Commissariat aux Eaux Et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) a réhabilité, marqué puis relâché avec succès un vautour percnoptère –Neophron percnopterus– électrocuté. Grâce à de multiples soins et une greffe de plumes, le Vautour a pu réussir son envol et reprendre sa migration vers le sud.

   Tel l’oiseau légendaire et symbole de résurrection, doué d’une grande longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître après s’être consumé dans les flammes nous ne pouvions trouver meilleur nom que « PHOENIX » à ce vautour percnoptère, qui a miraculeusement survécu à une électrocution sur un pylône de moyenne tension. C’est le 27 Mars dernier, qu’informée par Mr Mohamed Chaibi citoyen d’Ifrane, l’AMFCR a pu procéder à la récupération de PHOENIX. 

Le vautour percnoptère est l’espèce la plus menacée parmi les quatre espèces de vautours du Paléarctique occidental. L’espèce classée « EN DANGER » dans la liste rouge de IUCN, est dans une situation plus que vulnérable, ce qui justifie le déploiement de toutes les actions possibles pour en favoriser sa Conservation.

Au moment de la récupération, PHOENIX souffrait de multiples brûlures, notamment à la patte droite, en plus de la perte de 5 rémiges primaires sur son aile droite, carbonisées au moment de l’électrocution sur un pylône de moyenne tension.

Après l’accord et avec la coordination du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), l’AMFCR a récupéré PHOENIX le 27 mars pour tenter sa réhabilitation et sa réinsertion dans son milieu. Le Vautour a reçu plusieurs traitements et soins ainsi qu’une délicate opération d’implantation de plumes. La technique dite enter est habituellement utilisée en Fauconnerie et consiste à prendre des plumes d’un « oiseau donneur » et à les « greffer » dans les plumes abîmées d’un oiseau receveur. Cette méthode mise en place il y a des siècles par les fauconniers pour réparer les plumes brisées de leurs oiseaux lors des parties de chasse au vol est aujourd’hui utilisée à des fins de réhabilitation et de conservation.

Le Vautour percnoptère a par la suite été équipé d’une balise GPS de 50 grammes, gracieusement offerte par L’Institut d’Ornithologie Max Planck Centre for Animal Marking représenté par le Dr. Wolfgang Fiedler. Il a été et également bagué (Inst Sci Rabat 104) sur le tarse droit  et porte sur le tarse gauche une bague DARVIC de couleur jaune M05.

Pose de la balise GPS et des bagues

 

PHOENIX a pris son envol avec succès le 3 août dernier à Jbel Moussa selon les instructions du Haut Commissariat aux Eaux Et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) et avec l’assistance du GREPOM Nord-Ouest et de l’AMFCR. Démontrant une parfaite récupération le Vautour percnoptère s’est envolé sans difficultés suscitant beaucoup d’émotions parmi l’équipe qui a participé au relâcher.

 

PHOENIX a séjourné plus de 15 jours dans l’arrière pays de Larache, où il a pu être observé pendant 25 minutes le 17/08/2018 par un membre de l’AMFCR. Il a entamé sa migration vers le sud le 21/08/2018, parcourant une moyenne de 270 kms par jour avant d’atteindre la frontière Algéro-Mauritanienne, où il a émis sa dernière position connue le 24 août 2018. À cette date, la batterie de la balise était proche du seuil le plus bas et s’est très probablement éteinte. Il est possible qu’il y ait eu de la saleté ou des plumes recouvrant le panneau solaire, ce qui a empêché la recharge correcte de la batterie. 

 

 À ce stade, la seule option est d’attendre. La prochaine fois que la balise aura une connexion GSM et suffisamment d’énergie, elle émettra une position GPS. Le suivi GPS des oiseaux à haute résolution révèle les menaces auxquelles ils font face. Nous pouvons ainsi voir que PHOENIX, durant son périple, a passé beaucoup de temps autour de poteaux électriques où il était directement exposé à des électrocutions mortelles. Bon vent et vivement les retrouvailles!

 

 

Le suivi complet de cet oiseau peut être vue sur l’étude Movebank  » Raptors MPIO AMFCR Morocco ».

Plus d’informations sur le marquage.

Récupération & Réhabilitation

Conservation des rapaces: L’AMFCR participe au troisième atelier national

Lors du troisième atelier pour l’élaboration d’une stratégie de Conservation des rapaces au Maroc, l’AMFCR a présenté le bilan de ses réalisations ainsi que son projet de Centre National pour la Réhabilitation des Rapaces.

 

 Le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) en collaboration avec le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN (UICN-Med) et le Gouvernement régional de l’Andalousie, ont organisé, du 2 au 4 octobre 2018 à Jbel Moussa, une série de formations sur les méthodes de recensement et de suivi de ces oiseaux de proie. L’événement fait partie de la série d’activités développées pour un transfert de connaissances sur la Conservation des rapaces menacés entre techniciens et gestionnaires des deux rives de la Méditerranée.

L’AMFCR révèle les résultats de ses réhabilitations

Lors de ce troisième atelier pour l’élaboration d’une stratégie de Conservation des rapaces au Maroc, l’AMFCR a présenté le bilan relatif aux rapaces réhabilités dans son centre provisoire durant ces 10 derniers mois. Les participants ont salué les efforts déployés par l’AMFCR et les résultats encourageants qui ont été atteints: plus d’un tiers des oiseaux réhabilités ont pu regagner la Nature. A la fin de la présentation, l’AMFCR a révélé son projet de création d’un centre National de réhabilitation des rapaces actuellement en cours de préparation.

En marge de l’événement, l’AMFCR a relâché un vautour fauve réhabilité par ses soins. L’oiseau avait été retrouvé dans la région de Bir Jdid en septembre dernier. Contacté par le citoyen qui l’a récupéré, l’AMFCR avait alors fait le déplacement puis entrepris de réhabiliter l’oiseau de proie qui n’était pas blessé mais semblait souffrir d’une fatigue extrême.

Vers un premier recensement des rapaces rupicoles

Ce troisième atelier a eu pour objectif d’établir une feuille de route en partenariat avec les ornithologues marocains de tous bords –GOMAC, AMFCR, AGIR, GREPOM, ASARA– et des agents d’autorités concernées -HCEFLCD, Gendarmerie Royale- afin de parvenir à une meilleure connaissance de ces espèces au Maroc. Cette formation est organisée dans le cadre du projet « Safe Flyways – reducing energy infrastructure related to bird mortality in the Mediterranean », financé par la Fondation MAVA.

Plusieurs présentations et débats se sont succédé durant les trois jours dans l’objectif d’organiser un premier recensement des rapaces rupicoles au Maroc. Tous les participants se sont accordé sur la nécessite urgente de réaliser ce dénombrement et dans un deuxième temps un suivi, qui permettront de poser les bons diagnostiques puis les plans d’actions nécessaires pour sauvegarder les espèces de rapaces menacés au Maroc.

Récupération & Réhabilitation

J’ai trouvé un rapace que dois-je faire?

Face à un rapace en détresse il est nécessaire de prendre en considération certaines conduites à tenir afin d’intervenir en toute sécurité tout en optimisant les chances de son sauvetage.

Les rapaces rencontrent une multitude de dangers pendant leur vie. Dans certains cas, des conditions difficiles pendant la migration peuvent occasionner chez eux des cas de fatigue extrême. Il est ainsi possible de rencontrer parfois des rapaces mal en point, fatigués, ou blessés qui sans intervention risquent de mourir. Dans d’autre cas, les rapaces en détresse le sont suite à un empoisonnement, une électrocution voire même suite à la persécution d’un braconnier -la chasse des rapaces étant interdite au Maroc-.

Face à un rapace en détresse il est nécessaire de prendre en considération certaines conduites à tenir afin d’intervenir en toute sécurité tout en optimisant les chances de son sauvetage:

  • Première chose dont il est nécessaire de s’assurer est que le rapace est réellement en détresse: les jeunes rapaces nocturnes (hibou, chouette…) qui expérimentent leurs premiers envols sont parfois maladroits et peuvent donner l’impression qu’ils sont en détresse alors qu’ils ne le sont pas. Face à un jeune rapace nocturne, le mieux est de ne pas l’approcher afin de lui donner le temps et l’espace nécessaire pour reprendre son envol. Si le jeune rapace est exposé à un danger immédiat (chats, voiture…) la seule intervention à faire est de le positionner en hauteur (un arbre, perchoir).
  • Si vous êtes amené à manipuler un rapace, il faut prendre des précautions pour éviter son bec et ses serres. Commencez par lui couvrir la tête d’un linge lui permettant de respirer, mais sans voir. Saisissez-le par le dos à la hauteur des épaules, ailes plaquées au corps. Tenez-le les bras tendus, avec des gants épais ou un linge, en veillant à ne pas trop l’approcher des personnes dans votre entourage immédiat. Veillez à ne pas abîmer les plumes de l’oiseau pendant la manipulation.
  • Placez le dans un carton en évitant de le stresser davantage. Mettez le carton ensuite dans un endroit calme obscure et tempéré. N’essayez surtout pas de le nourrir ou de l’abreuver, et prévenez immédiatement l’AMFCR (l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces) au : 0666922219.
milan Récupération & Réhabilitation

Larache: réhabilitation et relâcher d’un milan noir

Un Milan noir (Milvus migrans) immature a été récupéré le 05/08/2018 à Khmiss Sahel -région de Larache- sur le bord d’une piste. L’oiseau a probablement été empoisonné ou intoxiqué. Il a été pris en charge le jour même par l’AMFCR pour réhabilitation. Le 31/08/2018, complètement remis de son intoxication, le rapace a été relâché dans la même zone où il a été trouvé, après avoir été équipé d’une bague de métal sur le tarse droit (105 Cemo Inst Sci Rabat). Nous lui souhaitons un bon voyage vers ses quartiers d’hivernage!  
Baguage et suivi satellitaire

L’AMFCR retrouve un busard cendré mort dans la région…

L’AMFCR a retrouvé un busard cendré (Circus pygargus) mort dans la région de Fkih Ben Salah. Le rapace précédemment équipé d’une balise GPS par le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé en France a très probablement été tué par des braconniers.

L’alerte a été lancée le 23 août quand Alexandre Villers du Centre d’Études Biologiques de Chizé en France a demandé à ses collègues marocains s’ils pouvaient retrouver un busard cendré précédemment équipé par leurs soins d’une balise GPS.

Bonjour, Un de nos busards cendrés équipé d’une balise ne semble plus se déplacer. Si cela se confirmait, connaitriez-vous quelqu’un susceptible d’aller vérifier sur place (et éventuellement récupérer la balise) sur Fquih Ben Salah. D’avance merci @MoroccanBirds @GREPOMBirdlife


— Alexandre Villers (@AquilaTetrax) 24 août 2018

L’histoire de ce busard cendré avait commencé quelques jours auparavant.

On l’a surnommé Greedy parce que c’est la gourmandise qui l’a fait se prendre sur notre piège -il a pris de vitesse un jeune mâle non reproducteur qui allait se poser sur un poteau équipé d’un piège et d’un campagnol-. Il était en couple avec une femelle, Oriane, capturée également cette année le 19 juin et marquée Rouge Rouge Bleu Jaune. Les oiseaux n’étaient pas connus -ce n’était pas des oiseaux déjà bagués- et ont mené 4 poussins à l’envol pour une ponte de 4 œufs -ce qui est plutôt pas mal compte tenu des conditions.

raconte Alexandre Villers dans son échange avec l’AMFCR
Un voyage pourtant bien parti:

Après le relâcher de Greedy, l’équipe d’Alexandre pouvait continuer à suivre ses déplacements. « Le rapace a quitté les Deux-Sèvres le 15 août pour ses quartiers d’hivernage en Afrique subsaharienne. Il a parcouru 410 km en 8 heures au cours de cette journée » peut-on lire dans l’article de Magornitho.

Yesterday trip for Greedy was ~380 km, crossing the Pyrénées and sleeping close to Almazan, SP. The 4 other birds are still hanging close to small roosts (~5-10 individuals) dispersed across @ZA_PVS or in Charente. pic.twitter.com/tNZ7998vzK


— Alexandre Villers (@AquilaTetrax) 17 août 2018

Arrivé au Maroc l’oiseau a fini par s’immobiliser vers Fkih Ben Salah dans la région de Béni Mellal-Khénifra. Suite à l’appel lancé par Alexandre sur Twitter, l’AMFCR a tenu à répondre à la demande de ses confrères en faisant le déplacement vers l’endroit indiqué :

La probable piste d’un tir de braconnier:

Malheureusement, le rapace a été retrouvé mort, gisant dans un champ agricole. Il semble que l’oiseau se soit posé dans ce champ, et ai rendu l’âme en convulsant de manière assez violente. Karim a fait une petite “autopsie” mais le corps était déjà bien auto-lysé, donc aucune  preuve évidente n’a pu être trouvée. Cependant, le plus probable est qu’il ait reçu un ou plusieurs plombs de chasse dans les organes, il a ensuite volé une certaine distance avant de venir mourir dans ce champ suite à ces blessures. A noter que l’oiseau n’avait pas de fractures.

Je n’aime pas taper sur les chasseurs quand il n’y a pas de preuves, cependant cela ressemble bien à l’œuvre d’un braconnier qui a ouvert le feu sur cet oiseau qui passait dans son sillage. La Tourterelle des bois se tire fréquemment dans la région de Fkih Ben Salah. Autrement un empoisonnement, mais au regard du régime quasi pas nécrophage du busard cendré, cette option me fait douter confie.

Karim Rousselon

Unfortunately, Greedy’s migration ended up in a field in Morocco, probably shot. Thanks to all the people who transfered the tweets and a special one to Karim who drove 500 km yesterday. Hopefully the other birds will make it safely. @MoroccanBirds @GREPOM @geckolive62 pic.twitter.com/ckij3EQPZH


— Alexandre Villers (@AquilaTetrax) 27 août 2018

Menacés essentiellement par le braconnage, l’empoisonnement et le trafic des espèces, les rapaces au Maroc bénéficieront bientôt de la mise en place d’une stratégie nationale dédiée en cours d’élaboration par le Haut Commissariat aux Eaux et Forets et à la Lutte Contre la Désertification avec l’aide de ses partenaires nationaux et internationaux.

Au Maroc le busard cendré niche peu communément et très localement, dans la bande côtière atlantique entre Tanger et Essaouira, ainsi que sur la côte méditerranéenne -embouchure de la Moulouya par exemple-. De plus en rencontre assez communément l’espèce en migration -surtout de mars à mai et d’août à octobre-, dans toutes les régions du Pays.   L’article 12 de l’Arrêté du Ministère de l’Agriculture N°582-62 du 3 Novembre 1962 portant réglementation permanente de la chasse, l’article 2 de l’Arrêté du Haut Commissaire aux Eaux et Forets et à la Lutte Contre la Désertification portant ouverture Clôture et Réglementation Spéciale de la Chasse pendant la Saison 2017-2018, aussi bien que la Loi 29-05 5 relative à la protection des espèces de flore et de faune sauvages et au contrôle de leur commerce, interdisent clairement toute chasse de rapaces nocturnes ou diurnes sous peine de poursuite judiciaire.