Catégorie : Récupération & Réhabilitation

Récupération & Réhabilitation

Temps durs pour les Aigles au Maroc – Cas…

Le 17/12/2018, le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) en compagnie de l’AMFCR, de la Junta de Andalucia et de la Fondacion MIGRES ont remis en liberté une femelle immature d’Aigle Ibérique (Aquila adalberti) après l’avoir équipée d’une balise GPS. Cet oiseau, récupéré en état de détresse dans la région de Bouznika le 19/11/2018, a été soigné et réhabilité pendant près d’un mois par l’AMFCR, avant de retrouver un état physique jugé satisfaisant pour pouvoir réintégrer la nature.
Aigle Ibérique M06 fraîchement équipé d’une balise GPS, quelques minutes avant son relâcher – Bouznika – 17/12/2018 – Karim LAIDI

Plus de 2000 kilomètres et un mois plus tard, le 15/01/2019, l’Aigle Ibérique M06 sera retrouvé mort dans la Baie de Dakhla par Nicolò Calcagno. Aucune autopsie n’ayant pu être réalisée, la cause de la mort restera malheureusement inconnue. Aucune trace de fractures n’a été constatée. Cependant le corps semble avoir dérivé dans la baie de Dakhla quelques jours avant d’échouer sur la plage, où il sera retrouvé.

Cadavre de l’Aigle Ibérique M06 retrouvé mort sur la plage –  Baie de Dakhla – 25/01/2019 – Nicolò Calcagno
L’Aigle de Bonneli déplumé

Le 05/06/2018, le HCEFLCD en compagnie de l’AMFCR ont relâché une femelle immature d’Aigle de Bonelli (Aquila fasciata) qui s’était accidentellement faite prendre dans les filets protecteurs d’un élevage avicole. L’oiseau a été bagué OPX et libéré dans la région de Bouznika. Le 08/01/2019, soit 217 jours après avoir été relâché, l’AMFCR est contactée par un habitant de la région de Sidi Bettache qui affirme avoir capturé l’aigle alors que ce dernier essayait de s’en prendre à l’une de ses poules. Décidément, les habitudes ont la vie dure ! L’oiseau sera récupéré par l’AMFCR le lendemain, vivant, mais malheureusement toute ses rémiges avaient été coupées au ciseau. OPX a été mis en volière de réhabilitation, où il séjournera jusqu’à ce qu’il mue toutes ses plumes, ce qui prendra plusieurs mois.

Récupération de l’Aigle de Bonelli OPX, attaché par une patte dans le poulailler – Sidi Bettache – 10/01/2019 – Karim ROUSSELON
La mort mystérieuse d’un Aigle Royal 

Enfin, le 12/12/2018, le HCEFLCD en compagnie de l’AMFCR ont relâché une femelle immature d’Aigle Royal (Aquila chrysaetos) bagué M01. Cet oiseau, remis au centre de soins de l’AMFCR en 2017 après avoir été désairée (dénichée) de manière illégale, sera réhabilité pendant de longs mois grâce à l’utilisation de techniques de Fauconnerie. L’oiseau sera retrouvé mort le 25/01/2019 à Bir Nasser (région de Benslimane) par l’USCFS, qui remettra le cadavre à l’ONSSA locale pour analyse virale. Aucune autopsie sur la cause de la mort ne sera effectuée, bien que nous ayons de fortes suspicion de tirs au plombs.

 Relâcher de l’Aigle Royal M01. Bouznika – 12/12/2018 – Karim LAIDI
Perspectives

Ces 3 exemples illustrent partiellement les conditions difficiles dans lesquelles doivent évoluer les grands rapaces, et les nombreux dangers auxquels ils font face, même si dans les 2 cas de mortalité précédemment cités, aucune autopsie n’a pu être effectuée. Il conviendra dans le futur de mieux former les techniciens de l’ONSSA et de systématiser les autopsies de rapaces, de manière à identifier clairement les causes de mortalité, et pouvoir le cas échant y apporter des mesures correctives.

?

Récupération & Réhabilitation

Salé: récupération d’un Vautour fauve (vidéo)

Le 19 novembre, l’AMFCR a été contactée par Mr Aziz, un habitant de Salé qui a récupéré un Vautour fauve (Gyps fulvus) sur sa terrasse, par une chaude après-midi d’août.

Épuisé, assoiffé et attiré par une bassine d’eau, le vautour s’est facilement laissé capturé par Aziz, qui en a pris soin quotidiennement avant de le remettre à l’AMFCR. Selon les instructions du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), le vautour a été conduit au Jardin Zoologique National (JZN) où il recevra des soins adaptés en compagnie d’autres vautours de son espèce.

 

Cet oiseau était déjà « connu de nos services »…

Ce vautour fauve (Gyps fulvus) a été identifié par une marque alaire M17. Il fut découvert le 31/07/2017 par des militaires près de Juda Jbel Moussa dans une situation très critique, souffrant de malnutrition et d’un manque de vitamines et souffrait d’attaques nerveuses. Après avoir été soigné de manière satisfaisante, sa situation physique s’est rétablie à 100%.

explique Rachid El Khamlichi du Grepom Nord-Ouest :

En raison de son caractère trop familier avec les humains, plusieurs tentatives de libération sont réalisées dans la zone de Jbel Moussa sans résultat. Cependant, il disparaît le 6 juin 2018 et réapparaît dans la zone d’Oued el Mersa le 8 juin 2018, (informations fournies par Chekh Hassan). Récupéré le même jour, il reprendra son envol 2 jours plus tard, pour réapparaitre à Salé en Août 2018 !

M17 devrait séjourner encore quelques temps en volière d’acclimatation avant de tenter une autre libération bientôt, lorsque les conditions le permettront et si les soigneurs estiment que son état physique et mental le permet.

percnoptère Récupération & Réhabilitation

« PHOENIX »: petite histoire de la résurrection d’un Vautour percnoptère…

 

L’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces en coordination avec le Haut Commissariat aux Eaux Et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) a réhabilité, marqué puis relâché avec succès un vautour percnoptère –Neophron percnopterus– électrocuté. Grâce à de multiples soins et une greffe de plumes, le Vautour a pu réussir son envol et reprendre sa migration vers le sud.

   Tel l’oiseau légendaire et symbole de résurrection, doué d’une grande longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître après s’être consumé dans les flammes nous ne pouvions trouver meilleur nom que « PHOENIX » à ce vautour percnoptère, qui a miraculeusement survécu à une électrocution sur un pylône de moyenne tension. C’est le 27 Mars dernier, qu’informée par Mr Mohamed Chaibi citoyen d’Ifrane, l’AMFCR a pu procéder à la récupération de PHOENIX. 

Le vautour percnoptère est l’espèce la plus menacée parmi les quatre espèces de vautours du Paléarctique occidental. L’espèce classée « EN DANGER » dans la liste rouge de IUCN, est dans une situation plus que vulnérable, ce qui justifie le déploiement de toutes les actions possibles pour en favoriser sa Conservation.

Au moment de la récupération, PHOENIX souffrait de multiples brûlures, notamment à la patte droite, en plus de la perte de 5 rémiges primaires sur son aile droite, carbonisées au moment de l’électrocution sur un pylône de moyenne tension.

Après l’accord et avec la coordination du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), l’AMFCR a récupéré PHOENIX le 27 mars pour tenter sa réhabilitation et sa réinsertion dans son milieu. Le Vautour a reçu plusieurs traitements et soins ainsi qu’une délicate opération d’implantation de plumes. La technique dite enter est habituellement utilisée en Fauconnerie et consiste à prendre des plumes d’un « oiseau donneur » et à les « greffer » dans les plumes abîmées d’un oiseau receveur. Cette méthode mise en place il y a des siècles par les fauconniers pour réparer les plumes brisées de leurs oiseaux lors des parties de chasse au vol est aujourd’hui utilisée à des fins de réhabilitation et de conservation.

Le Vautour percnoptère a par la suite été équipé d’une balise GPS de 50 grammes, gracieusement offerte par L’Institut d’Ornithologie Max Planck Centre for Animal Marking représenté par le Dr. Wolfgang Fiedler. Il a été et également bagué (Inst Sci Rabat 104) sur le tarse droit  et porte sur le tarse gauche une bague DARVIC de couleur jaune M05.

Pose de la balise GPS et des bagues

 

PHOENIX a pris son envol avec succès le 3 août dernier à Jbel Moussa selon les instructions du Haut Commissariat aux Eaux Et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) et avec l’assistance du GREPOM Nord-Ouest et de l’AMFCR. Démontrant une parfaite récupération le Vautour percnoptère s’est envolé sans difficultés suscitant beaucoup d’émotions parmi l’équipe qui a participé au relâcher.

 

PHOENIX a séjourné plus de 15 jours dans l’arrière pays de Larache, où il a pu être observé pendant 25 minutes le 17/08/2018 par un membre de l’AMFCR. Il a entamé sa migration vers le sud le 21/08/2018, parcourant une moyenne de 270 kms par jour avant d’atteindre la frontière Algéro-Mauritanienne, où il a émis sa dernière position connue le 24 août 2018. À cette date, la batterie de la balise était proche du seuil le plus bas et s’est très probablement éteinte. Il est possible qu’il y ait eu de la saleté ou des plumes recouvrant le panneau solaire, ce qui a empêché la recharge correcte de la batterie. 

 

 À ce stade, la seule option est d’attendre. La prochaine fois que la balise aura une connexion GSM et suffisamment d’énergie, elle émettra une position GPS. Le suivi GPS des oiseaux à haute résolution révèle les menaces auxquelles ils font face. Nous pouvons ainsi voir que PHOENIX, durant son périple, a passé beaucoup de temps autour de poteaux électriques où il était directement exposé à des électrocutions mortelles. Bon vent et vivement les retrouvailles!

 

 

Le suivi complet de cet oiseau peut être vue sur l’étude Movebank  » Raptors MPIO AMFCR Morocco ».

Plus d’informations sur le marquage.

Récupération & Réhabilitation

Conservation des rapaces: L’AMFCR participe au troisième atelier national

Lors du troisième atelier pour l’élaboration d’une stratégie de Conservation des rapaces au Maroc, l’AMFCR a présenté le bilan de ses réalisations ainsi que son projet de Centre National pour la Réhabilitation des Rapaces.

 

 Le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) en collaboration avec le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN (UICN-Med) et le Gouvernement régional de l’Andalousie, ont organisé, du 2 au 4 octobre 2018 à Jbel Moussa, une série de formations sur les méthodes de recensement et de suivi de ces oiseaux de proie. L’événement fait partie de la série d’activités développées pour un transfert de connaissances sur la Conservation des rapaces menacés entre techniciens et gestionnaires des deux rives de la Méditerranée.

L’AMFCR révèle les résultats de ses réhabilitations

Lors de ce troisième atelier pour l’élaboration d’une stratégie de Conservation des rapaces au Maroc, l’AMFCR a présenté le bilan relatif aux rapaces réhabilités dans son centre provisoire durant ces 10 derniers mois. Les participants ont salué les efforts déployés par l’AMFCR et les résultats encourageants qui ont été atteints: plus d’un tiers des oiseaux réhabilités ont pu regagner la Nature. A la fin de la présentation, l’AMFCR a révélé son projet de création d’un centre National de réhabilitation des rapaces actuellement en cours de préparation.

En marge de l’événement, l’AMFCR a relâché un vautour fauve réhabilité par ses soins. L’oiseau avait été retrouvé dans la région de Bir Jdid en septembre dernier. Contacté par le citoyen qui l’a récupéré, l’AMFCR avait alors fait le déplacement puis entrepris de réhabiliter l’oiseau de proie qui n’était pas blessé mais semblait souffrir d’une fatigue extrême.

Vers un premier recensement des rapaces rupicoles

Ce troisième atelier a eu pour objectif d’établir une feuille de route en partenariat avec les ornithologues marocains de tous bords –GOMAC, AMFCR, AGIR, GREPOM, ASARA– et des agents d’autorités concernées -HCEFLCD, Gendarmerie Royale- afin de parvenir à une meilleure connaissance de ces espèces au Maroc. Cette formation est organisée dans le cadre du projet « Safe Flyways – reducing energy infrastructure related to bird mortality in the Mediterranean », financé par la Fondation MAVA.

Plusieurs présentations et débats se sont succédé durant les trois jours dans l’objectif d’organiser un premier recensement des rapaces rupicoles au Maroc. Tous les participants se sont accordé sur la nécessite urgente de réaliser ce dénombrement et dans un deuxième temps un suivi, qui permettront de poser les bons diagnostiques puis les plans d’actions nécessaires pour sauvegarder les espèces de rapaces menacés au Maroc.

Récupération & Réhabilitation

J’ai trouvé un rapace que dois-je faire?

Face à un rapace en détresse il est nécessaire de prendre en considération certaines conduites à tenir afin d’intervenir en toute sécurité tout en optimisant les chances de son sauvetage.

Les rapaces rencontrent une multitude de dangers pendant leur vie. Dans certains cas, des conditions difficiles pendant la migration peuvent occasionner chez eux des cas de fatigue extrême. Il est ainsi possible de rencontrer parfois des rapaces mal en point, fatigués, ou blessés qui sans intervention risquent de mourir. Dans d’autre cas, les rapaces en détresse le sont suite à un empoisonnement, une électrocution voire même suite à la persécution d’un braconnier -la chasse des rapaces étant interdite au Maroc-.

Face à un rapace en détresse il est nécessaire de prendre en considération certaines conduites à tenir afin d’intervenir en toute sécurité tout en optimisant les chances de son sauvetage:

  • Première chose dont il est nécessaire de s’assurer est que le rapace est réellement en détresse: les jeunes rapaces nocturnes (hibou, chouette…) qui expérimentent leurs premiers envols sont parfois maladroits et peuvent donner l’impression qu’ils sont en détresse alors qu’ils ne le sont pas. Face à un jeune rapace nocturne, le mieux est de ne pas l’approcher afin de lui donner le temps et l’espace nécessaire pour reprendre son envol. Si le jeune rapace est exposé à un danger immédiat (chats, voiture…) la seule intervention à faire est de le positionner en hauteur (un arbre, perchoir).
  • Si vous êtes amené à manipuler un rapace, il faut prendre des précautions pour éviter son bec et ses serres. Commencez par lui couvrir la tête d’un linge lui permettant de respirer, mais sans voir. Saisissez-le par le dos à la hauteur des épaules, ailes plaquées au corps. Tenez-le les bras tendus, avec des gants épais ou un linge, en veillant à ne pas trop l’approcher des personnes dans votre entourage immédiat. Veillez à ne pas abîmer les plumes de l’oiseau pendant la manipulation.
  • Placez le dans un carton en évitant de le stresser davantage. Mettez le carton ensuite dans un endroit calme obscure et tempéré. N’essayez surtout pas de le nourrir ou de l’abreuver, et prévenez immédiatement l’AMFCR (l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces) au : 0666922219.
milan Récupération & Réhabilitation

Larache: réhabilitation et relâcher d’un milan noir

Un Milan noir (Milvus migrans) immature a été récupéré le 05/08/2018 à Khmiss Sahel -région de Larache- sur le bord d’une piste. L’oiseau a probablement été empoisonné ou intoxiqué. Il a été pris en charge le jour même par l’AMFCR pour réhabilitation. Le 31/08/2018, complètement remis de son intoxication, le rapace a été relâché dans la même zone où il a été trouvé, après avoir été équipé d’une bague de métal sur le tarse droit (105 Cemo Inst Sci Rabat). Nous lui souhaitons un bon voyage vers ses quartiers d’hivernage!