Recensement des rapaces au Maroc: c’est parti !

Electrocution

Recensement des rapaces au Maroc: c’est parti !

Dans un exemple de coopération transfrontalière, des ornithologues marocains et espagnols, membres d’organisations non gouvernementales du Maroc (GOMAC – Groupe Ornithologique du Maroc et ASARA  – Association des Amis des Rapaces), et de l’Espagne (GREFA – Grupo de Rehabilitación de la Fauna Autóctona y su Hábitat  et Fundación Migres), ainsi que de la Junta de Andalucia, ont pris part à la première expédition de recensement de rapaces rupicoles diurnes dans les régions de Guelmin – Oued Noun et de Tan-Tan pour une durée de 4 jours.

Après les divers ateliers effectués pour l’élaboration d’une stratégie nationale de conservation des rapaces, les divers partenaires engagés dans le projet s’attaquent au recensement sur les terrain. Ce programme, dénommé Atlas « Safe Flyways – reducing infrastructure-related bird mortality in the Mediterranean » et financé par la Fondation Mava, a pour objectif de fournir des informations de base sur la faune menacée du Maroc afin de mener des actions de gestion visant à la conservation de ces espèces et de la biodiversité en général. Le programme est coordonné par le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) et l’UICN-Med, avec le support technique des experts du Gouvernement régional de la Junta de Andalucía.

Première expédition

Ainsi, des ornithologues marocains et espagnols, membres d’organisations non gouvernementales du Maroc GOMAC et ASARA et de l’Espagne (GREFA – Grupo de Rehabilitación de la Fauna Autóctona y su Hábitat  et Fundación Migres), ainsi que de la Junta de Andalucia, ont pris part à la première expédition dans les régions de Guelmin – Oued Noun et de Tan-Tan pour une durée de 4 jours.

Les rapaces rupicoles diurnes tels que le vautour de Rüppell (Gyps rueppellii) ou le percnoptère d’Égypte (Neophron percnopterus), entre autres, constituent les premières espèces cibles du programme de recensement et de suivi car ils subissent de graves menaces telles que l’électrocution sur des lignes électriques ou l’empoisonnement.

Données préliminaires

Les données préliminaires suggèrent que les électrocutions représentent une menace importante dans cette région pour les rapaces reproducteurs et les migrateurs, comme cela avait déjà été révélé dans une première étude en 2016 (Rapport sur la mortalité de rapaces par électrocution dans le sud-ouest marocain).

Cette première visite a permis d’identifier environ 25 couples reproducteurs sur ce territoire d’espèces telles que l’aigle royal (Aquila chrysaetos), l’aigle de Bonelli (Aquila fasciata) ou le faucon lanier (Falco biarmicus).

Aussi, sur les quelques 80 kilomètres de lignes électriques parcourues au cours de la semaine dernière, environ 90 oiseaux électrocutés ont été trouvés. Les supports les plus dangereux ont été identifiés afin d’accélérer la mise en place de mesures de correction par les autorités concernées et l’office National de l’Électricité.

La participation d’experts et d’institutions des deux rives de la Méditerranée consolide un réseau d’échange d’expériences et de connaissances pour une gestion plus efficace de la conservation de la faune en général et de l’Avifaune en particulier. Ce programme montre que la conservation de la biodiversité, plus spécifiquement des rapaces, ne connaît pas de frontières.

Photos : Ali Irizi