Tabiyazt: la Fauconnerie à la marocaine

Chasse au Vol - Fauconnerie

Tabiyazt: la Fauconnerie à la marocaine

La fauconnerie, al bayzara,  Tabiyazt, al Sayd b-ettaïr al horr, assaqqara,  ou la chasse au faucon est l’art de capturer du gibier vivant au moyen de rapaces spécialement entraînés à cet effet.

La pratique de tabiyazt est apparue dans notre pays avec l’avènement des Arabes au pays du Maghreb,notamment, à partir du XIIe siècle. Ce mode de chasse s’est, alors, répandu, aussi bien dans les milieux royaux que parmi les communautés nomades et semi-nomades.

Les textes historiques attestent de l’intérêt que les sultans du Maroc, de l’époque almohade (XIIIe s.) à l’époque alaouite (depuis le XVIIe s.), ont accordé à l’art de tabiyazt et du rôle qu’a joué le faucon dans les échanges diplomatiques du Maroc avec les autres souverains d’Orient et d’Occident.

Il est assez difficile de préciser une date concernant le début de la pratique de l’art de la fauconnerie ou de la chasse au vol au Maroc. Néanmoins, la pratique de tabiyazt est apparue dans notre pays avec l’avènement des Arabes au pays du Maghreb, notamment, à partir du XIIe siècle. Ce mode de chasse s’est alors répandu, aussi bien parmi l’élite régnante que parmi les communautés nomades et semi-nomades. Les textes historiques attestent de l’intérêt que les sultans du Maroc, de l’époque almohade à l’époque alaouite, ont accordé à l’art de tabiyazt et du rôle qu’a joué le faucon dans les échanges diplomatiques du Maroc avec les autres souverains d’Orient et d’Occident. Les Dahirs datant du XIXe siècle témoignent de l’importance attribuée à cette activité par les sultans Alaouites qui n’ont cessé d’encourager les familles Kouassem de Doukkala, connues depuis longtemps par leur passion pour la fauconnerie, et qui ont réussi à maintenir cette tradition vivante jusqu’à nos.

Attiré par les exploits de cet oiseau dans la poursuite et la capture de proies, l’homme l’a d’abord utilisé à des fins de chasse avant de faire de son usage un art et un sport de loisir fascinant qui a son éthique et ses règles, exigeant de la patience et de la persévérance pour capturer le faucon, l’entretenir, l’affaiter, et le faire chasser.

La fauconnerie, est pratiquée traditionnellement par la tribu des Kwassems dans la région de Doukkala depuis très longtemps. Elle est exercée dans les zones dégagées limitrophes de leurs habitations. Le genre de faucon le plus utilisé est le pèlerin appelé «bahri» et «nebli», il est capturé dans les régions des villes Essaouira et Safi avec une méthode traditionnelle : un filet est tendu autour de trois piquets et sur lequel on place un pigeon lui servant d’appât. Attiré par l’agitation du pigeon, le faucon plane autour de lui, puis il l’attaque. A ce moment-là le faucon est accroché dans le filet puis capturé par le fauconnier. Celui-ci procède, alors, à son affaitage et son initiation à la chasse du gibier qui peuvent durer plusieurs semaines. Le genre de gibier chassé et le plus répandu au Maroc est de type œdicnème criard appelé localement karzit.

La pratique de cet art est parvenue à réunir un grand nombre d’adeptes passionnés dans plusieurs régions du monde fédérés notamment par l’Association internationale de la fauconnerie, dont le Maroc est un membre actif.

“Riche de ces traditions séculaires et de ses nombreuses variations, qu’est-ce donc vraiment que la Fauconnerie ?  

Essentiellement c’est une dramatisation, et une forme personnalisée de l’ornithologie. Cela implique un type de chasse par procuration, où l’humain s’identifie au rapace et consent à un rôle de second plan. Cette identification est si absolue qu’il arrive parfois au fauconnier de s’incarner littéralement dans l’oiseau. Il pénètre alors dans le monde inflexible de la nature, où la mort est courante, et chaque minute de vie, un accomplissement. Et dans ce monde, ce qui nous semble familier prend soudain un sens nouveau. L’Homme se métamorphose, il acquiert une fraction des qualités du faucon et ressent la griserie de son envolée fougueuse. La Fauconnerie nous permet de prendre part à un rituel complet, constitué d’un commencement, d’une fin et d’un but précis subitement accessible. Elle nous propose une véritable collaboration qui nécessite un sens des responsabilités, de la créativité, et un goût du risque. Serait-ce un moyen d’échapper à la confusion et à la stagnation inhérente à la vie moderne ? car la Fauconnerie élève l’esprit, élargit nos horizons et nous inculque une certaine philosophie. Sinon comment expliquer cette fascination qu’exerce sur nous un oiseau, qui n’est somme toute qu’un amas de plumes et quelques kilos de chair ?

Qu’est-ce donc que la Fauconnerie, sinon une forme d’Amour, une forme d’Amour oublié.

Un poème ancien résume bien cette pensée : « Il vient un temps où l’oiseau sur votre poing est prêt à s’envoler, à mesure qu’il s’éloigne, il vous semble plus près mais s’élance toujours plus haut. Où vous situez vous alors ? vous qui avez les yeux faibles et le pas lourd, dominez vos limitations et volez ! volez sous son aile… »

Jacek Strek