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percnoptère Récupération & Réhabilitation

« PHOENIX »: petite histoire de la résurrection d’un Vautour percnoptère…

 

L’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces en coordination avec le Haut Commissariat aux Eaux Et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) a réhabilité, marqué puis relâché avec succès un vautour percnoptère –Neophron percnopterus– électrocuté. Grâce à de multiples soins et une greffe de plumes, le Vautour a pu réussir son envol et reprendre sa migration vers le sud.

   Tel l’oiseau légendaire et symbole de résurrection, doué d’une grande longévité et caractérisé par son pouvoir de renaître après s’être consumé dans les flammes nous ne pouvions trouver meilleur nom que « PHOENIX » à ce vautour percnoptère, qui a miraculeusement survécu à une électrocution sur un pylône de moyenne tension. C’est le 27 Mars dernier, qu’informée par Mr Mohamed Chaibi citoyen d’Ifrane, l’AMFCR a pu procéder à la récupération de PHOENIX. 

Le vautour percnoptère est l’espèce la plus menacée parmi les quatre espèces de vautours du Paléarctique occidental. L’espèce classée « EN DANGER » dans la liste rouge de IUCN, est dans une situation plus que vulnérable, ce qui justifie le déploiement de toutes les actions possibles pour en favoriser sa Conservation.

Au moment de la récupération, PHOENIX souffrait de multiples brûlures, notamment à la patte droite, en plus de la perte de 5 rémiges primaires sur son aile droite, carbonisées au moment de l’électrocution sur un pylône de moyenne tension.

Après l’accord et avec la coordination du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), l’AMFCR a récupéré PHOENIX le 27 mars pour tenter sa réhabilitation et sa réinsertion dans son milieu. Le Vautour a reçu plusieurs traitements et soins ainsi qu’une délicate opération d’implantation de plumes. La technique dite enter est habituellement utilisée en Fauconnerie et consiste à prendre des plumes d’un « oiseau donneur » et à les « greffer » dans les plumes abîmées d’un oiseau receveur. Cette méthode mise en place il y a des siècles par les fauconniers pour réparer les plumes brisées de leurs oiseaux lors des parties de chasse au vol est aujourd’hui utilisée à des fins de réhabilitation et de conservation.

Le Vautour percnoptère a par la suite été équipé d’une balise GPS de 50 grammes, gracieusement offerte par L’Institut d’Ornithologie Max Planck Centre for Animal Marking représenté par le Dr. Wolfgang Fiedler. Il a été et également bagué (Inst Sci Rabat 104) sur le tarse droit  et porte sur le tarse gauche une bague DARVIC de couleur jaune M05.

Pose de la balise GPS et des bagues

 

PHOENIX a pris son envol avec succès le 3 août dernier à Jbel Moussa selon les instructions du Haut Commissariat aux Eaux Et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) et avec l’assistance du GREPOM Nord-Ouest et de l’AMFCR. Démontrant une parfaite récupération le Vautour percnoptère s’est envolé sans difficultés suscitant beaucoup d’émotions parmi l’équipe qui a participé au relâcher.

 

PHOENIX a séjourné plus de 15 jours dans l’arrière pays de Larache, où il a pu être observé pendant 25 minutes le 17/08/2018 par un membre de l’AMFCR. Il a entamé sa migration vers le sud le 21/08/2018, parcourant une moyenne de 270 kms par jour avant d’atteindre la frontière Algéro-Mauritanienne, où il a émis sa dernière position connue le 24 août 2018. À cette date, la batterie de la balise était proche du seuil le plus bas et s’est très probablement éteinte. Il est possible qu’il y ait eu de la saleté ou des plumes recouvrant le panneau solaire, ce qui a empêché la recharge correcte de la batterie. 

 

 À ce stade, la seule option est d’attendre. La prochaine fois que la balise aura une connexion GSM et suffisamment d’énergie, elle émettra une position GPS. Le suivi GPS des oiseaux à haute résolution révèle les menaces auxquelles ils font face. Nous pouvons ainsi voir que PHOENIX, durant son périple, a passé beaucoup de temps autour de poteaux électriques où il était directement exposé à des électrocutions mortelles. Bon vent et vivement les retrouvailles!

 

 

Le suivi complet de cet oiseau peut être vue sur l’étude Movebank  » Raptors MPIO AMFCR Morocco ».

Plus d’informations sur le marquage.

Récupération & Réhabilitation

Conservation des rapaces: L’AMFCR participe au troisième atelier national

Lors du troisième atelier pour l’élaboration d’une stratégie de Conservation des rapaces au Maroc, l’AMFCR a présenté le bilan de ses réalisations ainsi que son projet de Centre National pour la Réhabilitation des Rapaces.

 

 Le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) en collaboration avec le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN (UICN-Med) et le Gouvernement régional de l’Andalousie, ont organisé, du 2 au 4 octobre 2018 à Jbel Moussa, une série de formations sur les méthodes de recensement et de suivi de ces oiseaux de proie. L’événement fait partie de la série d’activités développées pour un transfert de connaissances sur la Conservation des rapaces menacés entre techniciens et gestionnaires des deux rives de la Méditerranée.

L’AMFCR révèle les résultats de ses réhabilitations

Lors de ce troisième atelier pour l’élaboration d’une stratégie de Conservation des rapaces au Maroc, l’AMFCR a présenté le bilan relatif aux rapaces réhabilités dans son centre provisoire durant ces 10 derniers mois. Les participants ont salué les efforts déployés par l’AMFCR et les résultats encourageants qui ont été atteints: plus d’un tiers des oiseaux réhabilités ont pu regagner la Nature. A la fin de la présentation, l’AMFCR a révélé son projet de création d’un centre National de réhabilitation des rapaces actuellement en cours de préparation.

En marge de l’événement, l’AMFCR a relâché un vautour fauve réhabilité par ses soins. L’oiseau avait été retrouvé dans la région de Bir Jdid en septembre dernier. Contacté par le citoyen qui l’a récupéré, l’AMFCR avait alors fait le déplacement puis entrepris de réhabiliter l’oiseau de proie qui n’était pas blessé mais semblait souffrir d’une fatigue extrême.

Vers un premier recensement des rapaces rupicoles

Ce troisième atelier a eu pour objectif d’établir une feuille de route en partenariat avec les ornithologues marocains de tous bords –GOMAC, AMFCR, AGIR, GREPOM, ASARA– et des agents d’autorités concernées -HCEFLCD, Gendarmerie Royale- afin de parvenir à une meilleure connaissance de ces espèces au Maroc. Cette formation est organisée dans le cadre du projet « Safe Flyways – reducing energy infrastructure related to bird mortality in the Mediterranean », financé par la Fondation MAVA.

Plusieurs présentations et débats se sont succédé durant les trois jours dans l’objectif d’organiser un premier recensement des rapaces rupicoles au Maroc. Tous les participants se sont accordé sur la nécessite urgente de réaliser ce dénombrement et dans un deuxième temps un suivi, qui permettront de poser les bons diagnostiques puis les plans d’actions nécessaires pour sauvegarder les espèces de rapaces menacés au Maroc.

Conservation

Marquage et relâchers de vautours à Jbel Moussa (Fauve,…

Un relâché de vautours a été effectué à Jbel Moussa le 17 août 2018. Cet événement a été organisé par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) en collaboration avec plusieurs institutions nationales et ONG dont l’AMFCR.

Après une période réhabilitation, un vautour fauve et un vautour de Rüppell ont été relâché à Jbel Moussa le 17 août 2018. Cette opération a été mené par le HCEFLCD en collaboration avec plusieurs institutions et ONG dont l’AMFCR.

Vautour moine (aegypius monachus):

Cet oiseau a été trouvé à Khmis Anjra (situé à environ 30 km au sud du détroit de Gibraltar), suite probablement à une collision avec des câbles électriques. Il a été pris en charge par un agriculteur pendant un certain temps (plus d’informations dans un prochain article) et le 9 août 2018, il a été récupéré par la section nord-ouest du GREPOM en collaboration avec l’Administration forestière (HCEFLCD – DREF-Rif).

Le vautour s’est vu fixé 2 marques alaires code blanc sur fond noir (M20). Ne pouvant pas voler correctement à ce moment-là, l’oiseau a été pris en charge par l’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces (AMFCR). Il sera placé en volière de réhabilitation adaptée et recevra des soins spécifiques jusqu’à son relâcher prochain.

Vautour moine (Aegypius monachus): M20, région de Jbel Moussa, août 2018 (© Rachid El Khamlichi)

Chaque année, moins de 10 vautours moines traversent le détroit de Gibraltar pour se retrouver au Maroc, certains d’entre eux s’aventurent même jusqu’en Afrique de l’Ouest. Plus à ce sujet:

Vautour Fauve (Gyps fulvus):

Ce vautour a été bagué et marqué au Portugal par Quercus ANCN en 2016. Le 8 juillet 2018, il a été retrouvé affaibli dans la région de Khouribga où il a été pris en charge par un citoyen. Alertée par le GREPOM, l’administration forestière (HCEFLCD) a récupéré l’oiseau et l’a ensuite transféré au Jardin zoologique national (JZR) pour traitement et réhabilitation. Le jour de la libération, le HCEFLCD a donné le feu vert à l’AMFCR pour acheminer l’oiseau vers le site de relâcher à Jbel Moussa.

Les marque alaires qu’il portait («X8» blanc sur fond vert) étaient presque déchirées par la captivité (voir photo). Par conséquent, il était nécessaire de marquer le vautour avec de nouvelles marques alaires (blanc «M19» sur fond noir).

Vautour fauve (Gyps fulvus), région de Jbel Moussa, 17 août 2018 (© AMFCR). Il a été tagué ‘8X‘ au Portugal.
Vautour fauve (Gyps fulvus), région de Jbel Moussa, 17 août 2018 (© Rachid El Khamlichi). Le même oiseau avec une nouvelle marque alaire ‘M19‘.
Vautour de Rüppel (Gyps rueppelli):

Ce vautour a été récupéré dans la région de l’Oriental par le Centre de diffusion de la faune sauvage (ECWP) des Émirats, en collaboration avec l’administration forestière (HCEFLCD – DREF-Oriental). Il avait des marques alaires (noires «M1» sur fond blanc) et était équipé d’un émetteur GPS. Il a par la suite été relâché dans la région de Jbel Moussa mais il ne s’est pas envolé.

Ce vautour a été récupéré dans la région de l’Oriental par le Centre de diffusion de la faune sauvage (ECWP) des Émirats. Il s’est vu poser des marques alaires (noires «M1» sur fond blanc) et a été équipé d’un émetteur GPS. Il a par la suite été relâché dans la région de Jbel Moussa. L’oiseau est resté plusieurs jours à proximité du site de relâcher avant de se disperser.

Vautour de Rüppell (Gyps rueppelli): ‘M1‘, région de Jbel Moussa, 17 août 2018 (© AMFCR)

Un autre vautour de Rüppel a été trouvé par des citoyens sur le toit d’un immeuble à Fnideq le 13 août dernier. Il a été récupéré le même jour par le GREPOM et l’administration forestière. Il était destiné à être marqué et relâché le même jour que les autres vautours. Cependant, il s’est échappé et s’est envolé deux jours plus tard. Cet oiseau est le 10ème vautour de Rüppel pour la saison « printemps 2018 » dans la région de Jbel Moussa. Pour les autres oiseaux, voir :

Migration de vautours rares à Jbel Moussa, printemps 2018. (Bien que nous ne sachions pas avec certitude s’il migrait vers le nord ou le sud lorsqu’il a atterri sur ce toit. Cependant, nous savons que certains vautours se déplacent encore vers le nord en août et en septembre).

L’équipe « lâcher de vautours ».

Article de MaghrebOrnitho parut en anglais le 21 août 2018

Traduction et vidéo: AMFCR

Ateliers et événements

Atelier : Identification des rapaces en vol

Jbel Moussa : l’AMFCR a participé du 27 au 29 avril 2018 à la première formation à l’identification des Rapaces en vol. Cet atelier a été organisé par Rachid El Khamlichi (Grepom Unité Nord-Ouest), spécialiste éminent des rapaces de la région du Detroit de Gibraltar.

Dans le cadre du renforcement sur les connaissances des oiseaux de proies au Maroc, le Groupe pour l’étude et la protection des oiseaux du Maroc (GREPOM) a organisé du 27 au 29 avril 2018, en partenariat avec la Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), et avec l’appui de la commune de Taghramt, la première formation à l’identification des rapaces en vol au Jbel Moussa. Ont participé à l’évènement plusieurs associations de conservation des rapaces au Maroc, dont l’Association des Amis des Rapaces ASARA (Agadir), Groupe d’Ornithologie du Maroc GOMAC (Meknès), l’Association Marocaine de Fauconnerie et de Conservation des Rapaces AMFCR (Témara), des professeurs et étudiants de diverses Universités du Royaume.

Ont participé également les Chefs des unités de surveillance et de contrôle de la faune sauvage de la Direction Régionale des Eaux et Forêts (DREF-RIF). Parmi les officiels, étaient présent : le Caïd de Taghramt, les Commandants des Centres de l’Environnement de la Gendarmerie Royale de Tétouan et Tanger, ainsi que le Commandant et les agents de la brigade de la Gendarmerie Royale de Ksar Sghir. Durant la journée du 28 avril, et après une visite au Centre de Récupération et de Réintroduction des Vautours fauves de Jbel Moussa, les participants ont eu l’occasion d’assister aux présentations. Était également exposé une partie du matériel utilisé pour le suivit de la faune sauvage, des brochures et guides de terrain.

Trois exposés ont été présentés. Le premier sur la Réserve de la Biosphère Intercontinentale de la Méditerranée (RBIM) par M. Rachid Abou Alouafae, chef du Service de Partenariat pour la Conservation et le Développement des Ressources Naturelles (DREFLCD – Rif). Le deuxième sur la stratégie de la migration des rapaces par le détroit de Gibraltar, présenté par M. Rachid El Khamlichi, coordinateur régional du Groupe de Recherche pour la Protection des Oiseaux au Maroc, (GREPOM/Birdlife). Et le troisième, présenté par M. Karim Rousselon, Président de l’Association Marocaine de Fauconnerie et de Conservation des Rapaces (AMFCR), expliquant les techniques et la méthodologie sur l’identifications des rapaces en vol. A la suite de ceux-ci, une discussion a été ouverte, permettant aux intéressés d’approfondir leurs connaissances sur des aspects plus techniques.

Le 29 avril, les participants ont profité d’une session pratique sur le terrain, permettant l’observation de plusieurs espèces de rapaces en migration (prénuptiale), sous l’encadrement des formateurs. Matériel d’observation et guides de terrain ont été fournis aux participants. La clôture de l’évènement a été marque par la remise d’une attestation de formation à tous les participants. Un pas de plus pour la sensibilisation à la protection du biotope et des espèces au Maroc a été franchi.

atelier Chasse au Vol - Fauconnerie

L’AMFCR participe à l’atelier régional sur la conservation et…

L’Association Marocaine pour la Fauconnerie et la Conservation des Rapaces (AMFCR) a participé jeudi 30 novembre 2017, à El Jadida, à l’atelier régional sur la conservation et le développement de la Fauconnerie.

Dans le cadre de l’opérationnalisation du plan régional de la Loi 29-05, la Direction Régionale des Eaux et Forets et à la Lutte contre la Désertification du Centre a organisé l’atelier de lancement du « Programme régional de conservation et de développement patrimonial de la fauconnerie » le 30 novembre 2017 à El Jadida. Cet atelier, a permis d’associer un large spectre de partenaires institutionnels, de scientifiques au même titre que des associations de fauconniers.

L’organisation de cet atelier sur la fauconnerie est non seulement une occasion pour la mise en conformité de l’exercice de la fauconnerie avec les dispositions légales de la Loi CITES 29-05, mais constituera également une première étape pour la déclinaison opérationnelle du programme de conservation patrimoniale.