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Baguage et suivi satellitaire

L’AMFCR retrouve un busard cendré mort dans la région…

L’AMFCR a retrouvé un busard cendré (Circus pygargus) mort dans la région de Fkih Ben Salah. Le rapace précédemment équipé d’une balise GPS par le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé en France a très probablement été tué par des braconniers.

 

L‘alerte a été lancée le 23 août quand Alexandre Villers du Centre d’Etudes Biologiques de Chizé en France a demandé à ses collègues marocains s’ils pouvaient retrouver un busard cendré précédemment équipé par leurs soins d’une balise GPS.

L’histoire de ce busard cendré avait commencé quelques jours auparavant.

On l’a surnommé Greedy parce que c’est la gourmandise qui l’a fait se prendre sur notre piège -il a pris de vitesse un jeune mâle non reproducteur qui allait se poser sur un poteau équipé d’un piège et d’un campagnol-. Il était en couple avec une femelle, Oriane, capturée également cette année le 19 juin et marquée Rouge Rouge Bleu Jaune. Les oiseaux n’étaient pas connus -ce n’était pas des oiseaux déjà bagués- et ont mené 4 poussins à l’envol pour une ponte de 4 œufs -ce qui est plutôt pas mal compte tenu des conditions raconte Alexandre Villers dans son échange avec l’AMFCR.

Un voyage pourtant bien parti:

Après le relâcher de Greedy, l’équipe d’Alexandre pouvait continuer à suivre ses déplacements. « Le rapace a quitté les Deux-Sèvres le 15 août pour ses quartiers d’hivernage en Afrique subsaharienne. Il a parcouru 410 km en 8 heures au cours de cette journée » peut-on lire dans l’article de Magornitho.

Arrivé au Maroc l’oiseau a fini par s’immobiliser vers Fkih Ben Salah dans la région de Béni Mellal-Khénifra. Suite à l’appel lancé par Alexandre sur Twitter, l’AMFCR a tenu à répondre à la demande de ses confrères en faisant le déplacement vers l’endroit indiqué :

La probable piste d’un tir de braconnier:

Malheureusement, le rapace a été retrouvé mort, gisant dans un champ agricole. Il semble que l’oiseau se soit posé dans ce champ, et ai rendu l’âme en convulsant de manière assez violente. Karim a fait une petite “autopsie” mais le corps était déjà bien auto-lysé, donc aucune  preuve évidente n’a pu être trouvée. Cependant, le plus probable est qu’il ait reçu un ou plusieurs plombs de chasse dans les organes, il a ensuite volé une certaine distance avant de venir mourir dans ce champ suite à ces blessures. A noter que l’oiseau n’avait pas de fractures.

Je n’aime pas taper sur les chasseurs quand il n’y a pas de preuves, cependant cela ressemble bien à l’œuvre d’un braconnier qui a ouvert le feu sur cet oiseau qui passait dans son sillage. La Tourterelle des bois se tire fréquemment dans la région de Fkih Ben Salah. Autrement un empoisonnement, mais au regard du régime quasi pas nécrophage du busard cendré, cette option me fait douter confie Karim Rousselon.

Menacés essentiellement par le braconnage, l’empoisonnement et le trafic des espèces, les rapaces au Maroc bénéficieront bientôt de la mise en place d’une stratégie nationale dédiée en cours d’élaboration par le Haut Commissariat aux Eaux et Forets et à la Lutte Contre la Désertification avec l’aide de ses partenaires nationaux et internationaux.

 

Au Maroc le busard cendré niche peu communément et très localement, dans la bande côtière atlantique entre Tanger et Essaouira, ainsi que sur la côte méditerranéenne -embouchure de la Moulouya par exemple-. De plus en rencontre assez communément l’espèce en migration -surtout de mars à mai et d’août à octobre-, dans toutes les régions du Pays.

L’article 12 de l’Arrêté du Ministère de l’Agriculture N°582-62 du 3 Novembre 1962 portant réglementation permanente de la chasse, l’article 2 de l’Arrêté du Haut Commissaire aux Eaux et Forets et à la Lutte Contre la Désertification portant ouverture Clôture et Réglementation Spéciale de la Chasse pendant la Saison 2017-2018, aussi bien que la Loi 29-05 5 relative à la protection des espèces de flore et de faune sauvages et au contrôle de leur commerce, interdisent clairement toute chasse de rapaces nocturnes ou diurnes sous peine de poursuite judiciaire.

 

Ateliers et événements

Atelier : Identification des rapaces en vol

Jbel Moussa : l’AMFCR a participé du 27 au 29 avril 2018 à la première formation à l’identification des Rapaces en vol. Cet atelier a été organisé par Rachid El Khamlichi (Grepom Unité Nord-Ouest), spécialiste éminent des rapaces de la région du Detroit de Gibraltar.

Dans le cadre du renforcement sur les connaissances des oiseaux de proies au Maroc, le Groupe pour l’étude et la protection des oiseaux du Maroc (GREPOM) a organisé du 27 au 29 avril 2018, en partenariat avec la Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD), et avec l’appui de la commune de Taghramt, la première formation à l’identification des rapaces en vol au Jbel Moussa.

Ont participé à l’évènement plusieurs associations de conservation des rapaces au Maroc, dont l’Association des Amis des Rapaces ASARA (Agadir), Groupe d’Ornithologie du Maroc GOMAC (Meknès), l’Association Marocaine de Fauconnerie et de Conservation des Rapaces AMFCR (Témara), des professeurs et étudiants de diverses Universités du Royaume. Ont participé également les Chefs des unités de surveillance et de contrôle de la faune sauvage de la Direction Régionale des Eaux et Forêts (DREF-RIF). Parmi les officiels, étaient présent : le Caïd de Taghramt, les Commandants des Centres de l’Environnement de la Gendarmerie Royale de Tétouan et Tanger, ainsi que le Commandant et les agents de la brigade de la Gendarmerie Royale de Ksar Sghir.

Durant la journée du 28 avril, et après une visite au Centre de Récupération et de Réintroduction des Vautours fauves de Jbel Moussa, les participants ont eu l’occasion d’assister aux présentations. Etait également exposé une partie du matériel utilisé pour le suivit de la faune sauvage, des brochures et guides de terrain.

Trois exposés ont été présentés. Le premier sur la Réserve de la Biosphère Intercontinentale de la Méditerranée (RBIM) par M. Rachid Abou Alouafae, chef du Service de Partenariat pour la Conservation et le Développement des Ressources Naturelles (DREFLCD – Rif).

Le deuxième sur la stratégie de la migration des rapaces par le détroit de Gibraltar, présenté par M. Rachid El Khamlichi, coordinateur régional du Groupe de Recherche pour la Protection des Oiseaux au Maroc, (GREPOM/Birdlife).

Et le troisième, présenté par M. Karim Rousselon, Président de l’Association Marocaine de Fauconnerie et de Conservation des Rapaces (AMFCR), expliquant les techniques et la méthodologie sur l’identifications des rapaces en vol. A la suite de ceux-ci, une discussion a été ouverte, permettant aux intéressés d’approfondir leurs connaissances sur des aspects plus techniques.

Le 29 avril, les participants ont profité d’une session pratique sur le terrain, permettant l’observation de plusieurs espèces de rapaces en migration (prénuptiale), sous l’encadrement des formateurs. Matériel d’observation et guides de terrain ont été fournis aux participants. La clôture de l’évènement a été marque par la remise d’une attestation de formation à tous les participants. Un pas de plus pour la sensibilisation à la protection du biotope et des espèces au Maroc a été franchi.